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Du P. Pichon à Marie - Début mars (?) 1884. Fragments.

Du P. Pichon à Marie. Début mars (?) 1884. Fragments.

 

(…) Ce jeûne prolongé ! Ah ! j'en souffre plus que vous. La fatigue est devenue exorbitante. Me voici bien indisposé, sinon tout à fait malade, et cela depuis quatre semaines. Alléluia

Merci pour mes 41 ans (le 3 février)! Votre chère Carmélite s'est surpassée. Et dire que votre coeur est encore plus filial, que toute votre âme me sourit plus doucement que cette image! Quel joli bouquet de fête Jésus a dû me cueillir dans mon bien aimé parterre de Lisieux.

Je sais au gré au bon Dieu de mettre (...)

[1 v°] Chère Enfant, vous avez soif de tout ce qui est éternel. Tout ce qui passe est trop borné ! Sachez pourtant ne point faire fi des souffrances qui s'enfuient. Si fugitive qu'elle soit, la Croix est toujours précieuse.

J'aime voir votre âme se nourrir de grandes pensées, vos yeux se porter en haut, bien haut, votre coeur aspirer à l'infini. Gardez vous de changer ou de vieillir, de vous blaser ou de vous dégoûter. Je n'aurais plus d'enfant ! Ce ne serait plus vous (…)

[2 r°] A la bonne heure ! ne soyez point mercenaire. Travaillez pour Jésus et n'ambitionnez que sa croix. A d'autres le Thabor. La S. Vierge n'y était pas.

Ce que vous demandez à Jésus pour moi, c'est bien ce que je veux: Etre à Lui seul sans partage. Mais je le veux pour vous comme pour moi. Sommes nous bien d'accord ?

Est ce vrai que le bon Dieu vous prendra toute à Lui par votre père ? Ah ! Promettez moi que cette parole se réalisera et je serai assez heureux.

(….) vous le 22, tout en prêchant ce jour là, au Carmel de Nantes, la prise d'habit d'une de mes enfants. J'applaudis à vos 5 communions.

Est ce que N.S. ne va pas vous amener à Alençon ? Sera t il sourd jusqu'à ce point de ne pas m'écouter quand je réclame mon Enfant !

Oh! Merci pour cette ligne si bonne: « Quand même la plume de mon père ne me parlerait plus jamais, la mienne ne se tairait pas. » Voilà une filiale vengeance !

Au Ciel plus d'épines parmi les roses. Mais la plus douce rosée.

Votre père tout heureux de vous voir plus résignée que lui.

A.P.

[l v° tv]... facilement de mon enfant que vous jeûnez de votre père.

[ l r° tv]... vous êtes consolée. Vous sentir si généreuse (...)

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