Imprimer

Du P. Pichon à Sœur Marie du S.C. - 17 mars 1894.

 

Du P. Pichon à Sœur Marie du S.C. 17 mars 1894. 

+ Lachine, 17 M.

Ma Fille bien-aimée,

Oh ! Oui, au Ciel, vous serez encore et toujours mon enfant. Là-haut le silence d'ici-bas sera plein d'éloquence, comme il est plein de douleur. Bénissons Dieu et tous les sacrifices qu'il daigne nous départir. Vous n'imaginez pas comme ma vue disparaît.

Pas un de vos chers petits feuillets qui n'ait sa réponse dans mon cœur. Lisez, lisez tout.

Les petites fleurs du Mt Blanc m'ont bien parlé comme à vous.

Je vous pardonne volontiers de ne pas aimer les livres. Tout se simplifie dans notre âme à mesure que nous avançons vers l'éternité. Goûtez, [v°] goûtez de plus en plus l'Evangile. Mais je vous en veux de ne pas oser appeler Jésus votre Epoux. Fi donc ! Le cœur a des audaces. Osez et Jésus vous sourira.

Ne me dites pas de mal de mon Enfant : cela me fait trop de peine. J'en pense tant de bien ! Et N.S. aussi !

Comment ne pas me mettre en colère devant cette ligne : « Je viens de déchirer une lettre que je vous écrivais. » Que diriez-vous si je déchirais celle-ci ? Gare au Talion !

Donner votre cœur à Jésus, c'est mon droit et c'est ma marotte. Si vous saviez toute la douceur que j'y trouve !

Les échos de la Ste Agnès (première fête priorale de Mère Agnès, avec la représentation de Jeanne d’Arc (RP 1) m’ont bien réjoui... Prêtez l'oreille et à Pâques vous m'entendrez chanter avec vous 1’Alléluia. Je vous bénis de tout cœur,

A.P.

Retour à la liste des correspondants