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Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur - 21 janvier 1893.

 

Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur. 21 janvier 1893. 

+ Lavaltrie, 21 Janv. 93,

Ma très chère aînée.

Je ne puis plus écrire qu'avec deux bonnes grosses lunettes. Et encore !!! Mais le cœur sait aimer tendrement votre chère âme. Le cœur progresse autant que les yeux déclinent. Le savez-vous ? Laissez-la toujours venir à moi, votre âme bien-aimée, avec tout le filial abandon qui est son secret à elle. Elle me fait toujours du [1 v°] bien. Et pour moi aussi, ils sont un chant harmonieux ces deux mots qui me font tant rêver : Mon Enfant !

Cela me fait bien de la peine que vous ne puissiez pas lire dans mon âme. Combien je prie N.S. de vous donner une longue vue !

Vous le savez bien, n'est-ce pas, que de tout cœur j'ai remercié le bon Maître de vous avoir rendu le St Patriarche. Je me sens le cœur bien soulagé de [2 r°] le savoir près de vous, sous les soins de l'heureuse Céline.

Courage et patience ! Nous ne serons pas toujours dans les coulisses du Ciel. Bientôt ce sera la patrie.

Tout comme vous je suis de plus en plus frappé de ce que vous appelez la non-ressemblance des âmes. Oh ! Oui, c'est une grande chose d'avoir trouvé l'écho de son âme, l'écho de son cœur.

J'aime votre nom en tous les sens : Marie de l'amour, Marie du zèle, Marie de la Miséricorde.

[2 v°] Voulez-vous bien dire à Céline et à Léonie que je leur ai envoyé mes meilleures bénédictions comme à vous dès le 1er de l'an.

Si la chère Céline voulait bien m'envoyer une ou plusieurs petites photographies de la Vierge aérienne de Muller (semblables à celle qu'elle m'a adressée pour ma fête et qui est si jolie !) je lui en serais très reconnaissant,

Je compte sur les plus filiales prières de mon aînée pour mes 50 ans. (il est né le 3/2/1843).

A vous tout ce que mon cœur renferme de bénédictions.

A. P.

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