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Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur - 14 juillet 1889. Fragments.

 

Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur. 14 juillet 1889. Fragments.

+ Lachine, près Montréal
Ma chère aînée
Avec 5 instructions par jour et 240 religieuses en retraite, comment m'échapper jusqu'à vous ?
Oh ! Le coeur vous réclame, vous appelle, vous crie toute sa tendre paternité. Comme c'est mal à vous de
me dire que, si vous me manquiez, je ne sentirais pas ! Est-il possible de tomber plus à faux ? Au seuil du
Paradis vous me rendrez un peu mieux justice.
Je bois toutes vos larmes. Si vous saviez comme il est mien votre calice amer ! Il ne quitte [l v°] point
mes lèvres. Il me semble que notre commun martyre supprime les distances et nous réunit sur un sol béni,
qui n'est ni France, ni Canada, mais la plus chère de toutes les patries.
Rien de meilleur à mon âme que ce Merci que vous avez le courage d’adresser à Jésus Ce généreux
Merci, oh ! je ne veux pas que N.S. l'oublie. Il en sera éternellement touché !
Fermez les yeux sur tout ce qui fatigue et blesse le regard. Attachez votre vue aux horizons éternels.
Bataillez pour devenir indifférente. Dans la vie de Valentine Riant j'ai trouvé cette vaillante parole qu'elle
m’écrivait à l'heure [2 r°] où elle se déterminait à la vie religieuse : « Il faut de l'héroïsme, j'en suis ! »
Voilà votre devise, la devise de votre coeur. Rien de mieux pour qui veut aimer et être aimé.
Excellente résolution de retraite : calmer la fougue de vos désirs et l’ardeur de vos vouloirs sans frein !
M'entendez-vous battre des mains !
(…) confidents.
Obstinez-vous à proclamer la prédilection de Jésus en proportion de vos peines. Que vous êtes heureuse,
mon Enfant, d'entrevoir le mystère d’amour caché dans la croix.
Plongez-vous dans l'infini. Que votre coeur s'y abîme à jamais.
Pauvre chère Léonie ! Je prie (... )
[ l r° tv] J'ai reçu le filial petit envoi de Céline.‑ Merci ! Merci!