Imprimer

Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur - 12 mai 1888.

Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur. 12 mai 1888.

 

+ Mauron, 12 M.

Ma très‑heureuse Enfant en J.C.

C'est donc aujourd'hui que vous entrez au Cénacle (la profession de Marie, alors fixée au 23 mai, doit être précédée de dix jours de retraite, Elle entre donc « au cénacle » le soir du 12. En réalité, elle ne fera que 9 jours, l'émission des vœux étant anticipée au 22). Je prie la Reine du Carmel de vous garder bien près d'elle durant ces jours bénis, de vous préparer elle-même comme je voudrais le faire à sa place, de vous donner à son Jésus comme je vous donne moi-même.

Oh! Oui, je comprends tout, je sais jusqu'au plus mystérieux secret de votre âme. Que Jésus est bon pour vous et qu'il est généreux pour moi en l'étant pour vous ! Il se fait fête de [v°1 vous voir tout entière consacrée à son amour. Il se fait fête encore plus et mieux que moi : que puis-je dire davantage?

Quittez l'humain, immolez tout sans réserve, sans pitié. Je ne veux pas que vous soyez épargnée comme Isaac. Je ne veux pas que le glaive reste suspendu. Bienheureux glaive, qui va trancher tout ce qui lie au terrestre, à l'humain pour vous enfoncer dans le sein de Jésus. Y vivre et y mourir sera àjamais notre unique ambition.

Par les mains de Marie, je vous bénis à cœur joie.

A.P.

Retour à la liste des correspondants