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Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur - 27 décembre 1888.

Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur. 27 décembre 1888.

 

+ Montréal, 27 D.

S. Marie du S. Cœur.

Fête de Saint Jean le Bien-Aimé.

Ma chère Fille aînée, de plus en plus mienne en N.S.

Chaque semaine m'apporte un échantillon de votre âme et Dieu sait si j'en suis heureux. Mais l’engagement de mes journées est tel que toute ma correspondance est dans le plus complet désarroi. Dieu le veut ainsi. Amen ! Amen!

Consolations et croix de toute sorte, besogne acharnée, douloureuse impossibilité de suffire à tout, voilà ma vie au [1v°) Canada.

La plume seule est paralysée. Le cœur reste agile. Si vous saviez comme il rayonne vers Lisieux, le Carmel et les Buissonnets. Toutes vos peines sont mes peines. Qui peut nous unir plus étroitement que 1a croix ? Le saint et bien-aimé patriarche me tient au cœur plus jamais. Et Jésus l'aime encore plus que vous et moi. Opiniâtrez-vous à ne voir qu'amour dans le fiel du Sauveur Jésus. Baisez avec tendresse la main divine qui vous transperce si intimement.

Ne perdez pas la moindre parcelle de vos croix. Dieu seul ! Dieu seul !

(2 r°) Et moi aussi, je répète auprès du Tabernacle : Seigneur celui que nous aimons avec vous est malade ! Confiance Jésus entend jusqu'au dernier écho de notre douleur.

Notre chère Céline ! J'ai tant appris à l'apprécier depuis deux mois et je l'aime si tendrement pour sa piété filiale. Vous avez raison d'en être fière

Le lion (Marie) dompté par la main adorée du Maître ! Quelle bonne joie pour mon cœur ! Dompté ! Oui, mais toujours frémissant et prêt à rugir encore.

Méprisez le monde et tous les amis de Job ! Pauvres gens ! et ils se [2 v'] croient sensés, prudents, habiles ! N'ayons que le sens surnaturel et la prudence du Ciel.

J'aime votre amour de la chère solitude, qui vous donne Jésus Concentrez là tout votre cœur.

Ma prière ne fait qu'un avec votre prière. Le vénérable vieillard redevenu enfant ne tardera sans doute pas à prendre son essor vers les cieux. Abandonnons à Jésus tout ce que nous avons de plus cher.

Merci de me dire qu'au Carmel vous êtes moins exilée de votre père. Je le sens comme vous.

Bonne et sainte année, toute remplie de Jésus seul. Dès la 1re minute je vous bénirai de mes plus tendres bénédictions.

(2 v° tv) Dites-moi toutes vos luttes; j'ai faim et soif de les lire en détail.

Je l’ai compris cet ah ! qui est tout un poème. Je comprends si (l v° tv) bien tout ce qui me vient de ma vieille enfant!

A.P.

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