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Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur - 11 mars 1889.

Du P. Pichon à sœur Marie du Sacré-Cœur. 11 mars 1889.

 

+ Beauharnois, 11 Mars 1889.

Ma pauvre chère aînée,

Vous buvez à longs traits au calice amer et j'y trempe mes lèvres comme vous. Vive Jésus qui aime tant ma bien-aimée famille de Lisieux ! La Mère des douleurs souffrait encore plus que nous parce qu'elle était plus aimée. Goûtez tout le privilège de votre martyre. Le cher patriarche, je l'aime encore plus depuis que je le sais au sommet de son Calvaire.

[1 v°] Eh bien ! Il n'est pas plus captif que moi. Mon cachot est ma chaire et mon confessionnal. Si vous saviez la surcharge de chaque jour, chaque heure, chaque minute ! Ce n'est pas vraisemblable. Mais les consolations apostoliques se multiplient par delà les prévisions. Que Jésus est bon ! Oh ! Oui, bien bon pour votre père (le P. Pichon).

Dans huit jours, nous allons célébrer votre cher anniversaire du 19. (deuxième anniversaire de la vêture de sœur Marie du Sacré-Cœur, le 19mars 1887). Nul ne le solennisera plus que moi.

(…) que jamais. Ne faut-il pas vous dire que les échos de votre âme partis du Carmel me semblent encore meilleurs, plus embaumés que ceux des Buissonnets. Je vous plains de ne pas savoir les bons moments que votre père passe avec vous. Oh 1 Merci de me consoler ainsi.

Les créatures vous font froid au coeur. Recevez mes félicitations.

Les petits riens qui crucifient grandement, il les faut bien aimer car les moindres déli…(…)

En accusant réception et remerciant Céline, j'ai oublié de mentionner la lanterne de poche ! Réparez cet oubli. Si vous saviez comme ils me sont chers les moindres objets portant le timbre de Lisieux et l'empreinte de vos cœurs ! J'en ai une joie d'enfant ! Les fleurs de la prise d'habit étaient fanées (prise d'habit de Thérèse, le 10 janvier 1889...). Le reste est parvenu intact : (...), crayon, carnet et lanterne.

Je n'ai pas oublié le 21 fév. (Sœur Marie du Sacré-Cœur venait d’avoir vingt-neuf ans, en fait le 22 février») et mon ange gardien est allé là-bas vous porter toutes mes bénédictions.

Notre Céline me paraît bien admirable et je sens que Jésus est content d'elle comme moi.

Soyons contents de Jésus, lors même qu'il nous navre le cœur. Je vous bénis avec effusion.

A.P.

[2 v° tv] (…) plus tard que j'écrirai à Léonie et au cher agnelet.

Patience ! Viendra l'heure de Dieu. Que notre cœur adoretous lesdesseins de Dieu!

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