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Du P. Pichon à soeur Marie du Sacré Coeur - 18 avril 1887

Du P. Pichon à soeur Marie du Sacré Coeur. 18 avril 1887

 

+ Rouen, 18 Av. 87.

Ma bonne et heureuse Enfant en J.C.

Votre si joyeux petit Alleluia a fait quarantaine en ma cellule pour attendre mon retour d'Angleterre. Par Londres, Southampton, Jersey et St Malo il m'a fallu presque une semaine ! Le 24 mars, à Calais et à Douvres, je vous ai vue, suivie pas à pas et de nouveau N.S. a été supplié de bénir vos épreuves, vos larmes comme vos joies.

C'est hier que j'aurais voulu vous arriver. Cet anniversaire (le 17 avril 1882 Marie s'est mise sous la direction spirituelle du P. Pichon) est inscrit en tête des meilleurs et le Ciel me mettra en mesure de le fêter comme je le veux. Au ciel, réunis père et [1 v°] enfant, sous une même tente, le Coeur de Jésus, et à jamais inséparables! Vous avez raison, le Ciel ne s'achète pas assez cher.

Jésus se cache. Eh bien ! J'ose dire que c'est un bonheur et un honneur de n'être nullement mercenaire et de l'aimer gratis. Ni solde ni récompense ! Bienheureux qui n'a point vu et malgré tout a pu croire (Cf. Jn 20, 29). Prenez pour vous cette parole du Maître. Non, non, ne demandez à Jésus rien de plus que Jésus. A d'autres ses consolations. A vous Jésus seul ! Voilà qui est du goût de votre Séraphique Mère.

[2 r°] Je suis tout enchanté de votre privilège : la première aux pieds du bon Maître. Même au prix d'une ruse j'y applaudis. Tout ce qui est à vous est tant à moi !

Santé parfaitement remise. A Cantorbéry, maintes prédications et fatigue entièrement nulle. Du 26 au 30 avril, retraite à Paris, 31 bd des Invalides. Du 2 au 8 mai, retraite au Pensionnat des Bénédictines de Craon, Mayenne. Du 15 au 29, mission à St Jean de Laigle (Orne) Je veux que vous sachiez où orienter vos prières. Des prières ! cela ne suffit pas le plus souvent pour sauver les âmes. Il me faut vos sacrifices, vos larmes. Sans vous mon petit ministère [2 v°] ne battrait que d'une aile.

Que c'est bon d'avoir une enfant qui n'aspire qu'à aimer N.S., à l'aimer encore plus, à l'aimer sans mesure. Je suis encore sous le charme du 19 mars. (prise d'habit de Marie). Dites-moi encore que vous me savez et que vous entrevoyez un peu ce que votre âme est à mon âme.

En présentant mon souvenir reconnaissant à votre excellente Mère, recommandez moi à ses prières et dites lui que le R.P. Supérieur m'autorise à accepter la retraite du 6 au 15 octobre. Pourquoi ne me dites vous pas comment va sa pauvre santé ?

Goûtez, aimez de plus en plus votre bien cher Carmel. Revêtez­-vous de l'esprit de Ste Thérèse.

[1 r° tv] Que Jésus joigne toutes ses meilleures bénédictions à toutes les miennes. Votre père à vous. A.P.

2 v°tv] Amour joyeux, vaillant, généreux de Jésus...

[2 r° tv] Imitez N.S., ayez pitié de vos misères et ne soyez pas plus pressée que le bon Maître d'arriver au sommet !

[1 r°. tv] Connaissez vous l'auteur de la consécration ci jointe ? La très belle peinture de votre chère soeur m'est bien précieuse. Soyez Marie et non Marthe !

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