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Du P. Pichon à Marie Martin - 18 octobre 1884 - Fragments.

Du P. Pichon à Marie Martin - 18 octobre 1884. Fragments.


+ New York, 18 octobre

Ma bonne Enfant en J.C.

J'ai abordé au nouveau Monde dans la fête de Ste Thérèse. C'est de bon augure. Voici mon premier loisir. N'y avez vous pas droit ? Oh! Comme je vous remercie pour Rouen et Le Havre ! Je n'oublierai jamais que vous fûtes l'enfant de la dernière heure

Excellente traversée ! L'Océan n'a pas cessé [1 v°] d'être excep­tionnellement calme, excepté le Samedi matin 11 Oct. C'est le seul jour où je n'aie pas dit ma Messe dans ma cabine. Le St Sacrifice en plein Océan dans cette petite cellule, devenue une chapelle ; savez vous quelle consolation il y avait là pour votre père exilé ? J'ai offert 2 fois l'adorable victime pour mes six enfants du Havre et 3 fois pour les donataires de l'autel portatif.

La cabine que vous [2 r°] avez vue n'est pas celle que j'ai occupée. Dès que nous fûmes en mer, on m'en donna une meilleure, vers le milieu du Steamer.

Bien que j'aie été un des moins maltraités par le mal de mer, je n'ai guère cessé d'en souffrir, et les poissons m'ont ravi trois de mes repas.

Ah ! si vous saviez ce

(…)

[2 v°] York et les environs durant 4 ou 5 jours. Je vais remonter en Steamer le fleuve de l'Hudson jusqu'à Albany et de là gagner Montréal par le chemin de fer.

O mon enfant, dites-moi que nulle distance ne séparera jamais nos âmes.

Votre père vous bénit mieux que jamais.

A.P.

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