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Du Père Pichon à Marie - 12 juin 1883. Fragments.

Du Père Pichon à Marie. 12 juin 1883. Fragments.

 

+ Vitré, 12 J

Ma bonne Enfant en J.C.

Sentez vous combien j'ai le coeur gros de vous envoyer ce tout petit format ? Eh bien! Plaignez vous au divin Maître. C'est Lui qui rationne ma plume. Loisirs et forces tout m'échappe ! Comme c'est filial de m'écrire quand même ! Je ne sais trop quel centuple Dieu vous donnera pour vos chères pages. A coup sûr il devra être bien généreux ; car il regarde comme fait à Lui même tout le plaisir que vous me faites.

Vraiment je ne puis trop me [I v°] rendre compte pourquoi vous êtes fâchée contre votre chère Carmélite. L'image est charmante, et plus je la considère, plus je condamne votre courroux. Merci à toutes deux !

Vous ai je dit qu'une de mes enfants vient d'entrer au Carmel de Nantes, et que j'ai prêché à la Miséricorde de Laval (le 22 Mai) la profession d'une de vos soeurs aînées ? Quand donc viendra votre tour ?

J'ai trouvé la nouvelle vie de ste Térèse (par une Carmélite de Caen) si bonne et si belle que je la propage partout. Dans [2 r°] ce moment je la fais lire à mes retraitantes.

J'aime vous voir jouir par avance de l'avenir du Paradis et toute mon âme fait écho aux paroles de M. Ducellier. Vous avez beau être insatiable, vous serez pourtant rassasiée. O ma bien bonne Enfant, orientez toujours vers le Tabernacle ce coeur avide, glouton, qui crie famine.

Que n'êtes vous ici ? Votre place y est si bien marquée (..) du bon Dieu. Il me semble que c'est une joie pour le divin Maître de rencontrer cette rareté introuvable.

[2 v°] Cette âme, si pleine d'intime, ces désirs effrayants d'aimer Dieu, cette petite barque qui vogue si bien vers le Coeur de Jésus, tout m'est sujet d'allégresse.

La belle boule à jouer, vous la jouerez, n'est ce pas ? Quelle déception, s’il me fallait renoncer à cet espoir chéri, si paternellement caressé !

Pourvu que vous ayez le coeur plein de Jésus seul, les mains vides ne m'effraient pas. (…) donner un démenti à vos deux lignes si filiales… vous m’entendez ?

Gardez moi mon Enfant pour que je la donne à Jésus comme mon meilleur cadeau.

A.P.

Je bénis avec vous et comme vous notre chère petite Thérèse.

[2 r°tv] Jusqu'au 24 à Vitré (Orphelinat). Le 25, ouverture d'une retraite [1 v°tv] à Nantes. Du 5 au 12 juillet à Mauron (Morbihan)