Imprimer

de sœur Agnès de Jésus à Thérèse - 2 ? avril 1883

de sœur Agnès de Jésus à Thérèse.
2 ? avril 1883


J.M.J.T.
Vive Jésus!

Ma pauvre petite malade
Que c'est méchant de me mettre comme cela en pénitence et en souffrance depuis huit jours déjà
(le soir de Pâques). Je suis un peu fâchée, presque beaucoup; et la preuve c'est que si je te tenais
dans mes bras, il faudrait me surveiller pour m'empêcher de t'étouffer. Allons, Mademoiselle la
baigneuse (l'hydrothérapie est prescrite par le Dr Notta), mademoiselle la trembleuse, mademoiselle
la fiévreuse, mademoiselle la dormeuse, mademoiselle la buveuse, il ne faut pas vous aviser de porter
vendredi (prise d'habit de sœur Agnès) tous ces titres de noblesse terreuse et véreuse... il faut vous
guérir bien vite pour venir embrasser la pauvre boudeuse et la remettre en joie car savez-vous qu'elle
n'est plus rieuse mais toute songeuse et pleureuse depuis le commencement de votre maladie.
Oui, petit Poupon chéri, je veux te voir toute remise le jour de mes noces, et ce vouloir je l'obtiendrai
de la bonté de Dieu, de la Sainte Vierge et de ton bon vouloir à toi aussi. Mange beaucoup, beaucoup,
c'est comme cela qu'on se guérit; la petite nièce de ta Mère Marie de Gonzague était malade comme
toi, tout à fait comme toi, et les bonnes tranches de rôti l'ont guérie et rendue fraîche comme une rose.
Adieu petite rose blanche, je prie le bon Jésus de prendre sa palette et son pinceau pour colorer d'un
carmin céleste et durable la pâleur de tes joues mignonnes.
Ton Agnès qui t'embrasse de tout son cœur.

Retour à la liste des correspondants