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De sœur Agnès à Céline - Août (?)1885

De sœur Agnès à Céline. Août (?)1885

 

Ma petite fille chérie,

Ta lettre m'a fait bien plaisir. Mère Marie de Gonzague aussi l'a lue avec bonheur. Je t'assure qu'en m'endormant le soir, j'avais le coeur bien joyeux et rempli de consolation en pensant à toi, ma petite fille chérie (Céline vient de sortir de pension)

Que tu fais bien de ne [1v°] pas tourner tes pensées ni ton coeur du côté du monde. C'est vrai que tout ici bas est éphémère et que nous ne pouvons être heureux qu'en nous attachant au bon Dieu, en faisant tout pour lui plaire, même ce qui coûte le plus ; et justement les choses qui nous coûtent le plus sont celles que nous devons rechercher et offrir avec joie parce que l'amour se prouve plus par le Sacrifice que par le sentiment. Le sentiment [2 r°] c'est le bon Jésus qui nous le donne, il peut le retirer quand il lui plaît, mais les petits sacrifices que nous pouvons lui offrir chaque jour, c'est notre bien à nous, et toujours nous devons donner ce bien à notre Bien Aimé.

Il faut donc que mon petit Célin ne néglige aucune occasion de témoigner son amour et sa reconnaissance à Celui qui lui donne tant. Oh ! comme il faut que son petit coeur soit toujours ouvert à deux battants pour recevoir [2v°] son Jésus Et comment l'ouvrira t elle ? Ah ! ce sera par la fidélité à toutes les inspirations de la grâce, par la fuite du péché, de l'ombre même du péché, surtout de ce vilain orgueil qui déplaît tant au bon Dieu. Ce sera encore par le dévouement, l'abnégation de soi même. Demande à Marie, ma petite fille chérie, ce que c'est que le dévouement et l'abnégation ! C'est elle qui t'expliquera bien cela. Je t'en prie, confie lui tout ce que tu m'as confié, j'aurais beaucoup de peine si tu ne le faisais par Elle est si bonne, elle te comprendra si bien. Mais je ne te force pas, fais ce que le bon Dieu t'inspirera.

Adieu, mon petit Célin bien aimé. C'est moi qui te connais à fond à présent ! Tu es bien gentille de me [2 v° tv] témoigner tant de confiance. Sois sûre que je n'oublierai pas de parler de toi à Jésus ! Je lui demanderai qu'il te fasse bien connaître sa volonté pour l'avenir, mais en attendant, ma chérie, il faut être bien en paix, et ne pas trop se préoccuper de ce qui arrivera plus tard.. Le bon Jésus tient sa petite Céline par la main, qu'elle baise de temps en temps cette main bénie et s'abandonne en tout à sa conduite. [I v° tv]

Quand le coeur aura besoin de s'épancher, il faut écrire à la petite soeur

Agnès de Jésus.

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