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de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin - 7 mai 1884.

 

de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin

            7 mai 1884.

J. M. J. T.

« J'ai demandé une seule chose au Seigneur,

c'est d'habiter dans sa Maison tous les jours de ma vie (Ps 26 4). »

Mon petit Père bien aimé,

Ton ange Thérésita ne doit pas venir seule se jeter à tes pieds pour demander pardon et bénédiction en cette veille bénie du plus grand des jours. Ton Agnès aussi mon cher Papa, elle surtout, ne pourrait approcher de l'autel, sans avoir obtenu ce pardon de ton cœur. Vingt-deux ans c'est long déjà ! assez long hélas ! pour avoir eu le ­temps et le triste loisir de faire de la peine au meilleur des pères ! Mais si le bon [v°] Dieu pardonne tout au regret sincère, mon Père bien aimé pardonne tout aussi, je le sais, je le sens et il ne me reste plus qu'à me jeter dans ses bras pour recevoir cette bénédiction paternelle la première et la plus douce à mon cœur après celle de Dieu !

A demain mon cher Papa ! A demain ! Ah ! je l'avoue en prononçant ce mot demain, j’ai peine à retenir mes larmes, je me représente la fête de la terre, je me représente la fête du Ciel, ici mon Père bien-aimé conduisant comme par la main ses deux petites filles à l'autel, là-haut une Mère chérie recevant cette offrande et la présentant à l'Agneau sans tache, à l'Agneau des Vierges ! Oh ! quel spectacle, quelles fêtes ! où sont les fêtes et les joies de la terre qui puissent approcher de celles-là !

Adieu mon petit Père chéri prie bien pour ton Agnès ! Est-il besoin de t'assurer de son retour !

Que ma petite Marie soit bien assurée du souvenir le plus tendre et le plus particulier demain !

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