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de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin - 24 août 1883.

 

de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin

            24 août 1883.

JMJT

Vive Jésus !

Mon Petit Père chéri,

Je viens en grand secret te sauter au cou pour cette chère fête de Saint Louis dont le retour est sans cesse plus joyeux. Je sais que Marie va remettre cette joie pour plus tard, nous avons arrangé nos affaires ensemble, mais puisque je suis à Alençon aujourd'hui, comment pourrais-je imposer silence à mon cœur ?

Cher et si bon Père, tu sais bien n'est-ce pas combien il est tendrement filial ce cœur [l v°] d'enfant. . . Et comment ne le serait-il devant un cœur si paternel ! Oh ! comme je vais prier le grand St Louis de payer par ses faveurs la moindre partie de mes dettes, je dis la moindre car comment tout remettre ? jamais il n'en viendrait à bout malgré tout son crédit auprès de Dieu. Tant mieux mon petit Père bien-aimé, oui tant mieux car si je te dois et te devrai toujours, j’ai pour toi un trésor de reconnaissance qui grandit à chaque bienfait nouveau. J'en répands souvent le parfum aux pieds de Jésus et ce Bon Maître console mon impuissance, en me promettant d'être pour toi ce que tu es pour moi ! Lui seul en effet peut comprendre mon cœur puisque son Cœur est divinement filial et apprécier le tien puisqu'Il est en même temps [2 r°] paternel !

Adieu mon petit Père chéri, je t'envoie de Lisieux toute la tendresse et les baisers qui demeurent fixés à jamais dans ta chère petite conserve du Carmel

Agnès de Jésus

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