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de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin - 31 décembre 1882.

 

de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin

            31 (?) décembre 1882.

J M J T

Amour à Jésus Enfant 1 !

Mon petit Père Chéri,

C'est ta petite fille qui vient à son tour t'offrir ses étrennes ; pour le chocolat et les gâteries toute l'affection de son cœur. . . On croit que je suis pauvre, que je n'ai rien à moi ! Ah ! que si j'ai quelque chose ! Je possède secrètement un trésor inépuisable que la rouille et les vers ne peuvent détruire comme toutes les richesses d'ici-bas ; et ce trésor c'est ma reconnaissance, c'est mon amour (1 v") filial. Cher petit Père, je t'offre aujourd'hui toute cette richesse, garde-la bien dans ton cœur paternel et quand, au milieu de tes méditations, là-haut dans ton belvédère, le souvenir de ta petite fille se présentera à toi, dis bien vite au bon Dieu : « Merci, merci mon Dieu ! vous avez pris mon petit Paulin, pour en faire votre petit agneau, mais je sais que tout en vous suivant, ce petit agneau est aussi le mien, que son cœur m'est toujours attaché, qu'il prie pour moi, que sa reconnaissance monte vers vous sans cesse et retombe sur moi en bénédictions célestes. . . oui, je suis heureux de mon sacrifice. »

Petit Père, et pendant ce temps là, ton Agnès dira son merci à son tour ; merci à Dieu pour l'avoir retirée du monde et placée dans son Cœur afin d'y passer saintement l'exil ; merci de lui conserver et augmenter chaque jour son amour pour les siens ; merci de lui avoir (2 r°) donné un si bon Père, merci de tout !

Voilà donc ce que nous ferons tous deux n'est-ce pas mon petit Père chéri ? et l'année se passera heureusement, doucement, et après cette année d'autres encore et toujours ainsi jusqu’à l'année sans fin de l'éternité.

Adieu mon petit Père, en attendant reste avec nous jusqu'à la Centaine, il faut que tu me voies sainte et le travail de ma perfection ne s'achèvera que le jour de tes 100 ans. Alors, nous partirons ensemble, je te porterai au Ciel.

Ta petite fille chérie Agnès de Jésus.

Mes baisers et souhaits à tous. Merci pour la petite lettre de Céline, pour le sucre de pomme qui était excellent, pour tout. Je n'ai pas le temps d'écrire à chacune en particulier. Je les aime toutes comme des sœurs incomparables.

Cher Papa, ma petite Mère chérie t'offre tous ses vœux et remerciements en les faisant passer par le cœur de son agneau.

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