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De Pauline à sa mère - 21 janvier 1877.

 

De Pauline à sa mère. 21 janvier 1877.

 

Ma chère petite Mère,

J’ai été bien heureuse le jour des décorations, je ne m’attendais pas certainement à avoir toutes mes notes au complet, si je pouvais avoir la couronne blanche, quelle joie ce serait pour toi, pour ma petite Mère chérie, aussi je vais faire tous mes efforts pour l’obtenir. Ma Tante a été très contente de mon bulletin, elle espère voir bientôt sa Pauline enfant de Marie . . . tous les secrets vont se dévoiler, quel bonheur !. . . J’attends le 2 février avec grande impatience, et je (1v°) m’aperçois avec un grand contentement que le temps s’avance et que le jour approche à grands pas.

Ma Tante ne va pas plus mal que le jour de la rentrée; je la vois toujours régulièrement le jeudi, et plusieurs fois le matin. Ma Sœur Marie Louise de Gonzague m’en donne souvent des nouvelles, si tu savais ma chère petite Mère, quelle bonne première Maîtresse nous avons, aussi tout le Pensionnat l’aime et la vénère comme elle le mérite car la vertu attire tous les cœurs. Je voudrais pouvoir lui prouver ma reconnaissance pour toutes les bontés qu’elle a pour moi, mais je serais impuissante, aussi je charge le Cœur de Jésus de payer mes dettes et bien largement.

Il me semble ma chère petite Mère que vous allez tous aller vous promener aujourd’hui car il fait un temps (2r°) magnifique. Thérèse et Céline vont je suis sûre être bien contentes et plus gaies qu’à l’ordinaire, je ne sais si un beau soleil produit le même effet à tout le monde, mais pour moi je suis portée à la joie en voyant un Ciel sans nuages. Je vais aussi profiter de ce beau temps, si ma Tante était guérie nous pourrions comme autrefois aller faire une visite à mon petit jardin !. . . mais hélas ce temps-là est passé. . . s’il pouvait revenir!. . .

J’ai montré mon album à ma Tante, elle l’a trouvé très joli et mes compagnes aussi. Marie-Thérèse (Marie-Thérèse Pallu du Bellay) n’est rentrée que huit jours après nous, elle a eu les petites fièvres, mais elle est heureusement guérie maintenant. Notre premier cours n’est tout de même pas encore au complet, nous ne sommes que cinq dans ce moment-ci, celle qui manque est malade mais elle rentrera bientôt.

(2 v°) Ma chère petite Mère, j’espère recevoir de tes nouvelles cette semaine, ma Tante m’a dit de te dire qu’il vaudrait mieux que tu attendes mes lettres pour envoyer les tiennes afin de pouvoir répondre aux demandes que je te fais quelquefois, ainsi tu pourrais écrire toute ta lettre le Dimanche et y ajouter ensuite quelque chose quand tu as reçu la mienne.

Au revoir ma chère petite Mère, je te prie de bien vouloir embrasser pour moi et dire mille choses affectueuses à mon cher petit père, à Marie, Thérèse, Céline, Léonie, Bonne Maman et Louise, (J’espère que je n’oublie personne).

Ta petite fille chérie

Pauline

21 janvier 1877. 1 heure ½.

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