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De Pauline à Mme Guérin - 18 novembre 1883.

De Pauline à Mme Guérin   18 novembre 1883.

 

Vive Jésus ! J.M.J.T.

18 Novembre 1883

Ma Tante chérie,

Comme je ne suis pas la dernière à vous aimer, la dernière à penser à vous, à prier pour vous, je me sens tout à fait dans mes droits en venant, si ce n'est la première, du moins une des premières vous offrir mes voeux, mes caresses et mon petit bouquet de fête... Croyez bien ma Tante chérie que le plus beau est encore dans mon coeur, je dis le plus beau car les [l v°] mystères d'un coeur filial ne savent ils pas ravir même le coeur de Dieu ? Oui, et je l'expérimente, à présent que ma vie s'écoule suavement au pied du Tabernacle... là je sens que Jésus est attentif au moindre soupir, au moindre battement de tendresse ou de reconnaissance qui s'échappe de mon coeur, et je crois, je suis sûre même qu'Il se plaît à y répondre par mille grâces et bénédictions. Oh ! qu'elle est donc bien vraie cette parole : « Jésus donne tout à Celui qui a tout quitté (MT 19, 27-29)! » Non seulement le bonheur personnel ce qui serait peu de chose, mais encore le bonheur pour les siens, le vrai bonheur sur la terre qui est l'assurance de celui du Ciel.

Adieu ma Tante bien aimée, je ne sais point vous dire autre [2 r°] chose, mais vous qui avez un coeur de Mère, ne saurez vous pas deviner et comprendre la tendresse filiale du mien ?

otre petite fille qui vous souhaite tous les biens célestes et terrestres.

Agnès de Jésus.

P.S. Nous avons reçu ce soir pendant la récréation d’aimables avant-­coureurs de la fête. Ils ont été bien accueillis... On est si reconnaissant au Carmel que je suis sûre que chaque grain de riz vous vaudra à tous, une bénédiction et grâce du ciel. Merci ! Je voudrais vous aimer davantage après chaque nouveau bienfait....

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