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De Pauline à Mme Martin - novembre 1876.

 

De Pauline à Mme Martin. novembre 1876.

5 Novembre 1876.

Ma chère petite Mère,

J’ai vu ma Tante aujourd'hui pendant un quart d'heure à peu près, elle m'a dit de t'écrire que son état était toujours le même, c'est ce que je trouve aussi. Je prie chaque jour le bon Dieu pour qu'il lui rende une pleine santé, mais il n'y a pas que moi puisque toi ma chère petite Mère et toute ma famille adressent au Ciel de si ferventes prières. A force de prier, le bon Dieu finira par se laisser toucher n’est-ce pas? C est ma plus grande espérance, Il est si bon !. . .

[1v°] Je me réjouis de recevoir de tes nouvelles ma bonne petite Mère, c'est jeudi la sortie elle a été retardée à cause du jour des Morts qui tombait le premier jeudi du Mois, J'espère que ce jour là je recevrai ta lettre .

J'ai écrit aujourd'hui une longue lettre à Marie, elle ne va pas se plaindre. . . mais je ne pourrais vraiment lui écrire tous les Dimanches autant, je suis obligée de finir cette lettre ce matin, hier soir au moment où je comptais la faire, nous avons été surprises par une visite de Monseigneur, qui est venu nous dire adieu, il part en pèlerinage à Rome.

Je suis heureuse de pouvoir te dire ma chère petite Mère que je me plais toujours beaucoup dans le premier [cours], je me figurais bien des choses qui ne sont pas. . . mais nous avons de si bonnes maîtresses qu'il est impossible de ne pas bien s'y trouver. C'est ma Sœur Marie Louise de Gonzague qui nous fait la classe d'histoire, si tu savais ma chère petite Mère combien elle est aimée au pensionnat. [21 r°] Pour moi, je ne sais quel bien en dire. . . Ah! que ces paroles sont vraies : La sainteté attire tous les cœurs !

Ma sœur Marie Louise (Sœur Marie-Louise Roulleau) est notre Maîtresse de Grammaire et de Géographie. Ces dernières sont intéressantes, mais combien j‘aime mieux celles de Grammaire, si tu savais ma chère petite Mère comme elles sont amusantes. . . Ma sœur Aloysia est encore notre Maîtresse de Cosmographie, je suis bien heureuse d'assister encore à ses classes . . . cette chère Maîtresse. . .

Mon affection pour elle n'a pas changé. . . oh ! non . . . je l'aimerai toujours autant, jamais je n'ai eu tant de sympathie pour une personne. Mais cela ne m'empêche pas d'aimer toutes mes autres Maîtresses. . . Comment d'ailleurs ne les aimerait-on pas, il faudrait être bien ingrate. . .

Au revoir ma chère et bien-aimée petite Mère, puisque j‘aime tant les Maîtresses, quelle affection n'ai-je pas pour toi ?. . . Mais celle-là ne peut s'exprimer, il n'y a que le bon Dieu qui puisse la comprendre. . . en attendant [21v°] le bonheur de te revoir, reçois les sentiments les plus tendres et les plus affectueux que t'envoie ta petite fille chérie,

Pauline

P. S. Ma bonne petite Mère je te prie de bien vouloir embrasser pour moi Papa, mes petites sœurs et Louise

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