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De Pauline à Mme Martin - 31 octobre 1876.

 

De Pauline à Mme Martin. 31 octobre 1876.

                                                                        31 octobre 1876

                  Ma bien aimée petite Mère,

            J'ai reçu ta lettre à la fin de la récréation de Midi et ma sœur Marie Louise de Gonzague (Sœur Marie-Louise de Gonzague Vétillart) a eu la bonté de me permettre de te répondre tout de suite. C'est pour moi un bien grand plaisir de pouvoir parler un peu avec toi aujourd'hui ma chère petite Mère car si ton affection pour moi est grande, la mienne aussi ne pourrait s'exprimer. Je vois que tu désires beaucoup avoir des nouvelles positives de la santé de ma Tante. Elle est vraiment mieux que les premiers jours après la rentrée, mais je ne comprends [1v°] pas grand chose à cette maladie-là, tantôt ma Tante va mieux, tantôt elle est un peu plus mal, c'est un va et vient continuel, mais cependant j'aime à espérer que le bon Dieu nous la laissera encore quelque temps, elle me disait Dimanche qu'elle était persuadée que sa carrière n'était pas finie pour plusieurs raisons, la première c'est qu'elle ne se trouve pas assez sainte, pour les autres je ne les connais pas, mais elles doivent être de ce genre!. . . Cette chère Tante, combien elle est bonne cependant. . . c'est pour moi une bien douce jouissance de la voir si souvent, le Jeudi et le Dimanche elle me garde pendant une demi heure et tous les jours à la Messe, (le bon Dieu me le permets bien) je regarde si elle est à la tribune, au commencement et à la fin de la Messe, je fais la même infraction, et je m'en contente pour toute la journée. [2 r°] Ainsi sois tranquille ma chère petite Mère, ta petite fille est heureuse. . . mais elle le serait encore davantage si le bon Dieu l'exauçait ! Cependant je veux comme toi, me soumettre à la volonté de Dieu, il sait mieux que nous ce qui doit faire notre bonheur et quand même ce bonheur ne nous serait pas donné sur la terre, c'est bien sûr qu'il nous est réservé pour le Ciel 1

Au revoir ma bien-aimée petite Mère je te prie de bien vouloir embrasser pour moi Papa, Marie, mes petites sœurs et notre chère Louise…

Ta petite fille respectueuse et soumise

Pauline.

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