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PN 18bis

 

 

(Air : Combien j'ai douce souvenance)

 

1
Méprisant les joies de la terre
Je suis devenue prisonnière
J'ai vu que tout plaisir est éphémère
C'est toi mon unique bonheur
Seigneur !...

 

2
Sous mes pas l'herbe s'est meurtrie,
La fleur en ma main s'est flétrie !...
Jésus, je veux courir en ta prairie
Sur elle ne marqueront pas
Mes pas !...

 

3
C'est ton amour seul qui m'entraîne.
Mon troupeau je laisse en la plaine
De le garder je ne prends pas la peine
Je veux plaire à mon seul Agneau
Nouveau.

 

4
Jésus, c'est toi l'Agneau que j'aime.
Tu me suffis, ô Bien suprême !
En toi j'ai tout, la terre et le Ciel même
La Fleur que je cueille, ô mon Roi !
Cest Toi !...

 

5
En toi, j'ai la belle nature.
J'ai l'arc-en-ciel, la neige pure
Les îles lointaines, la moisson mûre
Les papillons, le gai printemps
Les champs.

 

6
J'ai le vaisseau fuyant la plage
Le sillon d'or et le rivage
J'ai du soleil festonnant le nuage
Alors qu'il disparaît des cieux
Les feux.

 

7
Toi dont la main soutient les mondes
Qui plantes les forêts profondes
Toi qui d'un seul coup d'œil les rends fécondes
Tu me suis d'un regard d'Amour
Toujours !....

 

8
Attiré par la douce flamme
Le papillon vole et s'enflamme
Ainsi ton amour attire mon âme
C'est en lui que je veux voler
Brûler !...

 

9

Je l'entends déjà qui s'apprête
Mon Dieu, ton éternelle fête
Aux saules prenant ma harpe muette
Tout près de Toi je vais m'asseoir
Te voir.

 

10
Avec Toi, je vais voir Marie
Les Saints, ma famille chérie...
Je vais après l'exil de cette vie
Retrouver le toit paternel
Au Ciel !...

 

Qui a Jésus a Tout.

 

 

Voir la partition


 

datation: mars 1897

destinataire: abbé Bellière

En copiant quelques-uns de ses poèmes pour l'abbé Bellière, Thérèse refaçonne la poésie précédente. Elle l'abrège en ne conservant que les strophes 32, 33, 35-36, 41, 47, 50, 53-55, avec des variantes pour 32, 41, 54, 55. Ce qui en fait un autre poème, plus dense que PN-18.