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PN 22

 

 

J. M. J. T.

Le 7 Septembre 1895

1. Bien loin du beau Ciel ma Patrie
Je ne suis pas seule ici-bas,
Car en l'exil de cette vie
Un bel Ange guide mes pas.

 

2. Ce bel Ange, ô Mère chérie !
A chanté près de mon berceau,
Et l'accent de sa mélodie
Me paraît encor tout nouveau.

 

3. Il chantait de Jésus les charmes,
Il chantait la joie d'un coeur pur
De son aile séchant mes larmes
Il chantait le beau Ciel d'azur.

 

4. Il chantait la Toute-Puissance
Qui fit l'astre d'or et la fleur,
Il chantait le Dieu de l'enfance
Qui des lys garde la blancheur.

 

5. Il chantait la Vierge Marie,
L'azur de son vaste manteau.
Et la colline et la prairie
Où les vierges suivent l'Agneau.

 

6. Ce bel Ange, ô profond mystère !
M'appelait sa petite soeur.....
Il avait les traits d'une Mère
Et je reposais sur son coeur !.......

 

7. A l'ombre de ses blanches ailes,
Je grandissais rapidement,
Déjà les rives éternelles
Avaient ravi mes yeux d'enfant.

 

8. J'aurais voulu quittant la terre
Avec l'Ange voler aux Cieux
Et voir la Divine lumière
Nous environner tous les deux.

 

9. Mais, hélas ! un jour le bel Ange
Au lieu de m'emporter au Ciel
Cherchant des vierges la phalange,
Prit son essor vers le Carmel !.....

 

10. Ah ! que j'aurais voulu le suivre,
Contempler de près ses vertus.
De sa vie je désirais vivre,
Comme lui, m'unir à Jésus.

 

11. Oh ! bonheur sans aucun mélange
Jésus exauça tous mes voeux
Au Carmel près de mon bel Ange
Je n'attends plus rien que les Cieux !...

 

12. Et maintenant sa mélodie
Je puis l'entendre chaque jour
A sa voix, mon âme ravie
S'embrase du feu de l'Amour.

 

13. Mère, l'Amour donne des ailes....
Bientôt je pourrai m'envoler
Vers les Collines Eternelles
Où Jésus daigne m'appeler...

 

14. Mais sur cette plage étrangère
Sans quitter la Céleste Cour
Je descendrai près de ma Mère
Pour être son ange à mon tour.

 

15. Pour moi le Ciel serait sans charmes
Si je ne puis vous consoler
En sourires changer vos larmes.....
Tous mes secrets vous dévoiler !....

 

16. De la joie Céleste et profonde
Sans vous je ne saurais jouir
Vous laisser longtemps en ce monde
Oh ! je ne pourrais le souffrir !...

 

17. Nous volerons vers la Patrie
De l'autre côté du Ciel bleu
Ensemble, ô ma Mère chérie !
Toujours, nous verrons le Bon Dieu ! ! !....

 

A ma Mère Chérie le Bel
Ange de mon enfance.

 

 

 

 

datation: 7 septembre 1895    

destinataire: Agnès de Jésus pour son anniversaire.

Poème plein de tendresse pour les 34 ans de Pauline, qui l'appréciera toujours particulièrement.