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PN 29

 



J. M. J. T.

A notre chère petite Soeur
Marie de la Trinité et de la Sainte Face.

 

1. Qu'il nous est doux, ô Soeur Chérie !
De chanter ce jour radieux
Le plus beau jour de votre vie
Qui vous unit au Roi des Cieux.

 

 

2. Ce matin votre âme exilée
S'est vue revêtue de splendeur,
D'une parure immaculée
En s'immolant pour le Seigneur.

 

3. Autrefois regardant votre âme
La Bienheureuse Trinité
Vous avait marquée de sa Flamme
En vous dévoilant sa beauté.

 

4. Contemplant la Divine Face
Vous avez senti le désir
De mépriser tout ce qui passe
Tout ce qui doit bientôt finir.

 

5. Du monde craignant le déluge
Vous avez invoqué le Ciel
Il vous fit trouver refuge
Dans l'arche bénie du Carmel.

 

6. Mais Hélas ! pauvre fugitive
De l'arche il vous fallut sortir
Comme la colombe plaintive
Longtemps vous avez dû gémir.

 

7. De l'olivier le vert feuillage
Vint enfin briller à vos yeux
Il vous a désigné l'ombrage
Du petit Carmel de Lisieux.

 

8. Aussitôt franchissant l'espace
Vous êtes venue réclamer
Parmi nous la dernière place
Voulant souffrir, voulant aimer !...

 

9. Jésus en s'immolant Lui-Même
Nous a dit à son dernier jour :
«Donner sa vie pour ceux qu'on aime
Il n'est pas de plus grand amour.»

 

10. A cette parole bénie
Votre coeur s'est tout enflammé
Vous avez donné vie pour vie
A Jésus votre Bien-Aimé.

 

11. Maintenant, heureuse victime
Qui vous immolez à l'Amour
Goûtez la joie, la paix intime
De vous consumer chaque jour.

 

12. Vers l'Amour votre âme soupire
Il est votre astre lumineux
L'Amour sera votre martyre
L'Amour vous ouvrira les Cieux.
(A notre Mère)

 

13. C'est par vous, ô Mère chérie
Que nous avons vu ce matin
Cette blanche et nouvelle hostie
S'immoler à l'Agneau Divin.

 

14. Cette hostie sera votre gloire
Jésus la fera resplendir
Dans le mystérieux ciboire
Que votre coeur a su remplir.

 

Souvenir du 30 Avril 1896

 

 

 

 

Voir la partition


 

datation: 30 avril 1896

destinataire: Marie de la Trinité

La profession de Marie de la Trinité est un jour de gloire pour Thérèse, comblée par la réussite de sa novice. Cette poésie se lit avec la suivante.