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PN 7


 

1. Aux premiers instants de ma vie,
Vous m'avez prise entre vos bras ;
Depuis ce jour, Mère chérie,
Vous me protégez ici-bas.
Pour conserver mon innocence,
Vous m'avez mise en un doux nid,
Vous avez gardé mon enfance
A l'ombre d'un cloître béni.


2. Plus tard, aux jours de ma jeunesse,
De Jésus j'entendis l'appel !...
Dans votre ineffable tendresse,
Vous m'avez montré le Carmel.
«Viens, mon enfant, sois généreuse,
Me disiez-vous avec douceur ;
Près de moi, tu seras heureuse,
Viens t'immoler pour ton Sauveur.»
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .


3. Près de vous, ô ma tendre Mère !
J'ai trouvé le repos du coeur ;
Je ne veux plus rien sur la terre,
Jésus seul est tout mon bonheur.
Si parfois je sens la tristesse,
La crainte qui vient m'assaillir,
Toujours, soutenant ma faiblesse,
Mère, vous daignez me bénir.


4. Accordez-moi d'être fidèle
A mon divin Epoux Jésus.
Qu'un jour, sa douce voix m'appelle
A voler parmi les élus.
Alors, plus d'exil, de souffrance ;
Je vous redirai dans le Ciel
Le chant de ma reconnaissance,
Aimable Reine du Carmel !

 

16 Juillet 1894

Chant de reconnaissance
à Notre-Dame du Mont-Carmel

 

 

datation: 16 juillet 1894

destinataire: Marthe de Jésus

Thérèse offre ce poème à Marthe de Jésus pour son anniversaire. Marthe est née à Giverville un 16 juillet, ce qui est très signifiant pour une carmélite! Thérèse explore avec délicatesse la vie de cette compagne, qui l'apprécie au point de demander de ne pas quitter le noviciat pour demeurer sous sa direction (elle a fait profession le 23 septembre 1890).