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Récréation Pieuse n° 7 , 01r

                                                                                                      J.M.J.T.                                                                                                                       21 Juin 1896

Le Triomphe de l'Humilité

  

[Scène 1]

  

            La scène se passe dans la salle de récréation où trois novices sont réunies en licence. -- Sr Thérèse de l'Enfant Jésus, doyenne du noviciat -- Sr Marie-Madeleine, professe du voile blanc -- Sr Marie du Saint Esprit, postulante de choeur.

  

Sr THERESE DE L'ENFANT JESUS

 

            5 Quel bonheur de nous trouver ensemble nous allons faire une bonne licence... Voyons, ma soeur Marie du Saint Esprit, dites-moi, que pensez-vous de la fête de Notre Mère ? Avez-vous jamais vu dans le monde rien d'aussi charmant que cette union des coeurs, cette douce gaîté ?

  

Sr MARIE DU SAINT ESPRIT

 

            10 Non, je n'ai jamais rien vu qui me plaise autant... Les fêtes du Carmel ont un charme spécial, l'esprit de famille en fait surtout le cachet distinctif et c'est ce qui me ravit... Oh ! que je suis heureuse ici, je me sens tout près du Ciel et je n'ai plus qu'un désir, celui de m'unir intimement à Jésus en devenant sa fiancée.

  

15 Sr MARIE-MADELEINE

 

            Oh ! que nous avons tout de même de bonheur d'avoir été choisies par le Bon Dieu... Pour vous, mes soeurs, je comprends ça, vous êtes si bonnes !... mais moi, pauvre petite bergère, comment a-t-il pu s'abaisser jusqu'à me prendre pour son épouse ? Il savait bien pourtant que 20 je n'avais ni science ni vertu.

  

Sr THERESE DE L'ENFANT JESUS

 

            Notre Seigneur ne s'est pas plus abaissé en venant à vous qu'Il ne l'a fait pour nous ; au contraire, à ses yeux la plus humble condition est la plus grande ; mais comme vous je suis émue en contemplant son amour. 25 J'aime à méditer ces paroles que notre sainte mère Geneviève entendit pendant une de ses extases : «Etre l'épouse d'un Dieu... Quel titre! Quel privilège!...» En effet, c'est Jésus Lui-même qui devient l'époux de notre âme et non pas un archange, un glorieux prince de sa cour. Bien loin d'agir comme Lui, Satan (le privé d'amour comme l'appelait 30 notre mère Sainte Thérèse) se contente de fiancer les âmes qui lui appartiennent à [quelques-uns de] ses démons. Cette pensée m'a [vivement] touchée lorsque j'ai lu le récit de la conversion extraordinaire de Diana Vaughan. Quelle belle       Oh ! que     maintenant