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RP8 04r

nuisible à votre âme, la tiendra dans l'humilité et vous le savez : il n'est point de sacrifice plus agréable à Dieu que celui d'un coeur contrit et humilié.

  

SAINT STANISLAS

 

            5 Mon Père, quelle ineffable consolation vous répandez en mon âme !... Oh ! je vous supplie de m'enseigner maintenant comment je pourrai devenir un saint et réparer le temps perdu.

  

SAINT FRANCOIS

 

            Je pense que l'unique moyen sera de vous mépriser sincèrement, 10 d'estimer beaucoup les autres et de leur prouver par tous les moyens possibles l'amour qui consumera votre coeur. Si l'obéissance est la règle et la gardienne de votre charité, vous pourrez en peu de temps faire beaucoup de bien.

  

            On frappe à la porte. Frère Augusti va répondre 15 et revient portant une lettre qu'il présente à genoux à Saint François, et lui dit quelques mots à voix basse.

  

SAINT FRANCOIS, déchirant l'enveloppe.

 

            Frère Stanislas, voici une lettre de Pologne, c'est votre père qui vous écrit. (Il lui présente la lettre). Lisez-la tout de suite.

 

            20 Saint Stanislas lit la lettre, puis il se met à pleurer.

  

SAINT FRANCOIS

 

            Qu'avez-vous, mon enfant, regrettez-vous d'être entré dans la compagnie de Jésus ?

  

SAINT STANISLAS

 

            25 Oh non, mon Père ! je pleure en voyant que mes parents ne comprennent pas le Don de Dieu. Ils disent que je suis indigne de mes ancêtres et que je déshonore leur famille. Cependant il y a plus d'honneur, plus de noblesse et de gloire pour notre maison, que je sois ici le plus petit entre ces grands serviteurs de Dieu, 30 que si je devenais, dans le monde, plus illustre qu'aucun de mes ancêtres.

  

SAINT FRANCOIS

 

            Vous avez raison, mon fils ; j'espère qu'un jour vos parents approuveront votre vocation, et d'ailleurs Notre Seigneur Jésus n'a-t-il 35 pas dit : «Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive. Celui qui aime son père et sa mère plus que moi n'est pas digne de moi».

  

SAINT STANISLAS, levant les yeux au Ciel.

 

            C'est maintenant que je puis dire avec le psalmiste : «Mon père 40 et ma mère m'ont abandonné, mais le Seigneur a pris soin de moi,. J'ai choisi d'être abject dans la maison de mon Dieu plutôt que d'habiter sous les tentes des mondains».