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RP8 04v

SAINT FRANCOIS

 

            Mon cher enfant, je reconnais que Dieu Lui-Même vous a conduit et vous veut ici. Dans quelques jours je vous donnerai le saint habit ; préparez-vous à cette grâce dans le silence et le recueillement. 5 Remerciez le Seigneur qui vous accorde la faveur insigne d'habiter dans sa maison. (Il pose sa main sur le tête de frère Augusti). Je vous donne frère Augusti pour ange, c'est lui qui vous instruira de vos devoirs extérieurs. Je sais que vos âmes se ressemblent ; aussi je vous permets de vous communiquer vos pensées et les grâces dont 10 le Seigneur se plaît à combler les enfants. (Il se lève). Je vous quitte, les devoirs de ma charge m'appellent au-dehors.

  

FRERE AUGUSTI, se mettant à genoux à côté de Saint Stanislas.

 

            Mon Père, que votre Révérence daigne nous bénir.

  

SAINT FRANCOIS

 

            15 Chers enfants, que la Très Sainte Trinité vous bénisse comme je vous bénis moi-même de tout mon coeur. (Il sort).

  

[Scène 5]

 

FRERE AUGUSTI s'assied et présente une chaise à Saint Stanislas.

 

            Mon frère, je vais bientôt vous conduire à votre cellule et le maître des novices vous donnera l'emploi qu'il jugera convenable, mais si 20 vous le voulez, profitons de la permission de notre Père Général et faisons connaissance. D'abord je vais me présenter : je m'appelle Etienne Augusti, je n'ai ni talents ni vertus, mais tous nos pères m'aiment beaucoup, leur charité les rend aveugles sur mes défauts. Il faudra faire comme eux, frère Stanislas, et m'aimer aussi ; seulement j'espère 25 que vous me préviendrez de mes fautes, cela rend tant de service d'avoir quelqu'un qui vous dise lorsqu'on a fait quelque chose de travers.

  

SAINT STANISLAS

 

C'est à vous, mon frère, de me prévenir de mes manquements et je vous supplie d'y être fidèle. Je sens bien que nous sommes faits l'un 30 pour l'autre ; aussi je n'aurai pas de peine [à] vous aimer, car je vous aime déjà.

 

FRERE AUGUSTI

 

Que vous me faites plaisir !... Je suis tout joyeux de vous avoir pour frère. Mais j'y pense, vous devez avoir du chagrin, le souvenir de vos 35 parents doit troubler votre joie.

 

SAINT STANISLAS

 

Non, mon frère, ma joie ne saurait être troublée par le souvenir d'aucune affection terrestre ; je sais que mes parents pleurent mon départ plus amèrement qu'ils n'auraient pleuré ma mort, mais j'ai pour les 40 consoler des armes toutes puissantes : la prière et le sacrifice. Je suis