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De Mme Martin à sa fille Pauline CF 95 - Avril 1873.

 

Lettre de Mme Martin CF 95

A sa fille Pauline

Avril 1873.

. . . Marie ne fait que parler de toi; si elle dit deux paroles, il y en a une pour son « petit Paulin »; à chaque instant, elle me demande quelle heure il est, puis elle me dit ce que tu fais.

Elle était si contente de ta petite lettre, qu'elle a chanté ce matin. Nous la croyions guérie, mais malheureusement non, la fièvre continue toujours et on ne sait pas au juste quand en sera la fin. Cette maladie est très longue et ma pauvre Marie a grand besoin de patience j elle ne mange rien, ne boit que du bouillon de deux heures en deux heures. Le médecin lui ayant permis de prendre du vermicelle, je lui en ai fait, mais elle n'a pu le manger. Ton père a été lui pêcher du poisson, elle en avait grande envie, mais n'a pu en goûter qu'une bouchée; au fond, j'en étais contente, car je craignais que cela ne lui fît mal.

Je suis bien affligée de voir ma Marie si longtemps malade et puis aussi d'être privée de ma petite Pauline, car je ne crois pas que tu puisses venir avant trois ou quatre semaines. Mais, prends courage, quatre semaines sont vite passées, puis nous serons tous si heureux. Ton père est bien content de toi, il dit que tu es très raisonnable.

Marie te recommande de prendre toutes les lettres qui sont dans sa case du second cours et de les donner à ta tante; et aussi de couvrir son atlas, de le mettre dans ta case et d'en prendre le plus grand soin, ainsi que des por­traits qui sont dans ses cahiers de style. Elle désire encore que tu te serves de son carnet pour écrire tes dépenses, mais pas autre chose. Elle réclame son coton à  « frivolité » (dentelle qui se fait avec de petites navettes), et son crochet; tu m'enverras cela par M. Romet. Enfin, elle veut que je te dise qu'on te fera, demain, un beau chapeau noir, garni d'un ruban moiré et d'une belle plume.

Voilà, je crois, toutes ses commissions faites. Mais non, elle tient encore à ce que je te demande si tu as toujours la même place au réfectoire et au dortoir ? Je suis à côté d'elle pendant que je t'écris, elle a sans cesse quelque chose à te dire ! Il faut pourtant en finir. . . Si je l'écoutais, j'écrirais toute la nuit !

Adieu, mon petit Paulin, à bientôt

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