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De sœur Marie‑Dosithée à Marie et Pauline - 2 septembre 1875.

 

De sœur Marie‑Dosithée à Marie et Pauline. 2 septembre 1875.

 

(Le samedi 14 août, Mme Martin s'est rendue à Lisieux avec ses quatre filles : Marie, Pauline, Léonie et Céline. Elle rentre à Alençon avec les deux plus jeunes le mercredi 18. M. Martin reprend ses deux aînées à Lisieux le 26 ou 27 août, lesquelles ne tarissent pas d'éloges sur l’accueil de leurs oncle et tante Guérin).

V + J

De notre Mère du Mans

                                                                  Le 2 Septembre 1875

                   Mes chères petites filles

Vos deux bonnes petites lettres m'ont fait bien plaisir. je vois que votre Mère est contente de vous et c'est pour moi une grande satisfaction je vous assure; ma Marie tient aux promesses qu'elle m'a faites, je suis sûre que le bon Dieu la bénira; oui ma petite, communie le 1er Vendredi du mois, prépare-toi bien car c'est dans le Sacré-Cœur que tu trouveras la force pour pratiquer la vertu et vaincre ta nature encore bien immortifiée; tu as de la besogne de taillée, mais ne crains rien, tu ne seras pas seule, le Seigneur sera avec toi et t'aidera, sois fidèle à ton règlement, surtout à l'esprit, et le Seigneur voyant ta bonne volonté viendra à ton secours ; donne-lui ton cœur, et lui dédie ta jeunesse, le joug du Seigneur est plus facile à porter quand on le porte dès l'adolescence.

[l v°] je vois que vous avez eu bien du plaisir à Lisieux, j’en suis bien contente, je suis sûre que ce voyage vous aura fait du bien, à votre âge on a tant à apprendre, et chez votre oncle vous ne pouvez apprendre que de bonnes choses, je serais heureuse de vous y voir passer quelques semaines tous les ans. Vous ne parlez pas des petits cadeaux que vous avez faits à votre Père et à votre Mère : le dessin, la guipure, les pantoufles ?

Plus qu'un mois et Pauline rentrera, j'en prendrai bien soin de ma petite fille, et si le bon Dieu guérit mon pied nous irons jardiner; il est bien beau ton jardin, les reines-marguerites sont fleuries et toutes bien dou­bles ; il y a longtemps que je ne les ai vues n'allant pas au jardin, mais j’espère que d’ici un ou deux jours je pourrai y aller. Que cette pauvre Marie ne soit pas triste de ne pas rentrer, elle viendra me voir et on ne peut pas toujours être en pension, Pauline aussi finira bientôt et ira la rejoindre.

Je pense que vous serez bien aises de connaître quelques petits changements. Nous n'avons plus N.e De. de Pitié , nous avons l'autel du Sacré-Cœur à la place. Les classes aussi sont changées d'heure, la 1re sera de 9 h 1/2 à 10 h 1/2, la 2e de 3 h 1/2 à 4 h 1/2 et la 3e de 5 h à 6 heures La leçon d'ouvrage que donnait ma Sr M. Louise (Marie-Louise Roulleau) sera donnée par ma Sr Aloysia, au grand contentement de Pauline. [1r°tv] La maison dans ce moment-ci est remplie d'ouvriers de toutes sortes, on ne sait de quel côté aller; les toits sont pourris il faut les faire refaire, enfin cela ne finit pas, on ne peut vivre tranquille en ce monde, il faut attendre l'autre. En attendant de nous y voir tous réunis, je vous embrasse de tout mon cœur et suis chargé de la part de ma Sr Jeanne-Charlotte (Jeanne-Charlotte de Beausse) et de ma Sr M. Aloysia de vous dire qu'elles ne vous oublient pas.

Votre tante affectionnée

Sr M. Dosithée Guérin

De la Von Ste Marie

D. S. B.