Imprimer

Sr Geneviève (Céline) à Sr Françoise Thérèse - 26 juin 1899

Sr Geneviève de le Ste Face à sa sœur Françoise Thérèse

+ Jésus

J.M.J.T.                                                                                                                   26 Juin 1899

Ma petite sœur très aimée,

Avec quelle joie je t'écris aujourd'hui pour te dire tout ce que mon coeur sera avec toi le 30... Je n'ai pas besoin de te dire que ma communion sera pour toi, que je te suivrai partout dans cette belle et inoubliable journée de tes fiançailles. Cette belle fête ne sera que le prélude d'une plus belle encore : les saints vœux .Celle-là tu la verras à ton tour, petite sœur chérie, tu l'as bien méritée par tous tes désirs ou plutôt Jésus t'en donnera la grâce, car on ne peut jamais dire avec vérité que nous méritons une semblable faveur. La vocation c'est un mystère : Jésus appelle à Lui ceux qu'il lui plaît. C'est Lui qui nous choisit et non pas nous qui le choisissons.

Mais pour en revenir à la belle fête de Vendredi si tu savais comme cette fête, la dernière de notre famille sera complète sur la terre et au Ciel, si tu savais, si tu voyais !...

Papa et Maman si fiers de voir leur dernière enfant se consacrer à Jésus le Roi du Ciel, nos quatre petits anges, notre Thérèse bien aimée "ton Ange gardien". Oh ! oui si tu la voyais radieuse, rayonnante t'offrir au Seigneur comme une radieuse et belle fleur, plus belle à proportion des orages qu'il lui a fallu traverser.

Sœur chérie, bientôt, va, ce sera l'éternelle fête de la Patrie, ces Noces sans couchant où la tristesse d'un soir ne viendra pas apporter ses ténèbres. Là dans notre Patrie, plus jamais de choses qui nous coûteront, plus de petites lampes à nettoyer, mais toujours, nous vraiment les Reines, à la droite de notre Roi, nous ferons éternellement notre volonté.

Sœur chérie, du courage, pendant que nous sommes sur la terre; le repos viendra si vite et il y a tant d'âmes à sauver tant d'âmes qui n'attendent que nos sacrifices pour mériter le Ciel et être à jamais rachetées de l'enfer.

Petite fiancée chérie de Jésus je te quitte en t'embrassant bien fort, comme je t'aime, toi ma petite compagne d'infortune

Geneviève de Ste Thérèse

rel.carm.ind.

Mon affectueux respect à tes bonnes Mères.