Imprimer

Sr Geneviève (Céline) à Sr Françoise Thérèse - 10 août 1926

Sr Geneviève de la Ste Face à sa sœur Françoise Thérèse

+ Jésus                                                                 Carmel de Lisieux

                                                                              le 10 Août I926

                                                                                                              

Ma chère petite sœur,

 

Je te remercie bien de tes vœux arrivés en avant-garde c'est toi qui, la première, m'as souhaité ma fête et je t'ai bien reconnue là. Chère, bien chère petite sœur, comme il me sera doux d'être avec toi toute l'éternité

Quand je pense que, le 28 de ce mois, il y aura 49 ans que nous avons perdu notre chère Mère, presque un demi-siècle et que de choses se sont passées depuis, la vie n'est véritablement qu'un rêve.

Hier, c'était bien un vrai rêve. Il y avait un pèlerinage de Tchécoslovaque qui est arrivé de la gare en cortège, l'évêque en tête suivi de sa fanfare. De l'intérieur de la Communauté nous nous demandions ce que c'était. Les airs étaient doux, mélancoliques, airs de tziganes. Les Messieurs agitaient de petits drapeaux français et le cortège était clos par des femmes en costume du pays comme des bohémiennes. Elles avaient les mains jointes etc., chantaient sans lever les yeux. Le cortège entrait ainsi dans la chapelle quand survint notre docteur qui passait demander des nouvelles d'une sœur. Il était stupéfait, figé devant ce spectacle inattendu, on espère que cela lui aura fait du bien, car malheureusement il n'est pas pratiquant, mais si délicatement dévoué. (C'est M. Loiseul) Dans la rue, monde ahuri, mais voilà que de la mairie a été dressé contravention aux pieux pèlerins pour être venus en groupe. C'est honteux, mais le directeur ne s'en est pas ému du tout. Le défilé était très, très long et compacte il paraît que la mairie téléphonait partout, mais rien n'a pu empêcher le défilé et les prières. Au sortir de la chapelle on entendait, paraît-il des ordres pour les disperser. Tout s'est bien passé.

Il n'y a pas de jour où notre Mère n'aille au parloir pour 3 ou 4 évêques, nous aspirons à l’hiver.

Et dire qu'il y a aujourd’hui 9 ans seulement que j'étais sortie pour la 2ème exhumation, c'était un prélude à ce que nous voyons maintenant, prélude timide et triste.

Maintenant je vais te quitter ma Léonie chérie. Ta petite Céline

Sr Geneviève de la Ste Face r.c.i.