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LT 242 - A soeur Marie de la Trinité - 6 Juin 1897

J.M.J.T. 

Jésus        6 Juin 1897


Ma chère petite Soeur, votre jolie petite lettre me réjouit l'âme, je vois bien que je ne me suis pas trompée en pensant que le Bon Dieu vous appelle à être une grande sainte tout en restant petite et le devenant chaque jour davantage.- Je comprends très bien votre peine de ne plus pouvoir me parler, mais soyez sûre que je souffre aussi de mon impuissance et que jamais je n'ai si bien senti que vous tenez une place immense dans mon coeur !...

Une chose qui me fait plaisir c'est de constater que la tristesse ne vous rend pas mélancolique, je n'ai pas pu m'empêcher de rire en lisant la fin de votre lettre, ah ! c'est comme cela que vous vous moquez de moi ? et qui donc vous a parlé de mes écritures, à quels in-folio faites-vous allusion ? Je vois bien que vous plaidez le faux pour savoir le vrai, eh bien ! vous le saurez un jour, si ce n'est pas sur la terre ce sera au Ciel, mais bien sûr que cela ne vous inquiétera guère, nous aurons autre chose à penser alors...

Vous voulez savoir si j'ai de la joie d'aller au Paradis ? J'en aurais beaucoup si j'y allais, mais... je ne compte pas sur la maladie, c'est une trop lente conductrice. Je ne compte plus que sur l'amour, demandez au Bon Jésus que toutes les prières qui sont faites pour moi servent à augmenter le Feu qui doit me consumer...

Je crois que vous n'allez pas pouvoir lire, gai raigrette, mais je n'avais que quelques minutes.

 

   

 

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