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Témoin d'office 2 - Alcide Ducellier

Alcide-Leonida Ducellier naquit à Chicheboville (diocèse de Bayeux) le 14 novembre 1849. Ordonné prêtre en 1874, il fut successivement vicaire à Saint-Gervais de Falaise (1874-1877) et à Saint-Pierre de Lisieux (1877-1884), puis curé de Mathieu (1884-1892), curé-doyen de Trévières (1892-1899) et archiprêtre de Saint-Pierre de Lisieux de 1899 jusqu’à sa mort (20 décembre 1916).

Vicaire à Saint-Pierre de Lisieux, il était ami de la famille Martin. Il entendit la première confession de Thérèse âgée d'environ sept ans - MSA, 16,2 - et demeura son confesseur jusqu'à son entrée comme demi-pensionnaire à l'Abbaye de Notre-Dame du Pré. Il prêcha à la prise d'habit de Pauline, qu’il dirigeait, et aussi aux prises d'habit et de voile de Céline. Curé-doyen de Trévières, il était resté en relation avec la famille Martin et le 30 juillet 1897 Thérèse pensait à lui avec délicatesse: « Ne dites pas à monsieur Ducellier que je n'en ai plus que pour quelques jours; je ne suis pas encore faible à mourir, et après cela, quand on vit on est bien « capot » (DE/1 [30.7.13] p. 290).

Monsieur Ducellier déposa aux deux Procès thérésiens. En son présent témoignage il se fait l'écho de ses souvenirs relatifs à l'enfance de Thérèse et conclut brièvement sur sa renommée de sainteté.

 

[Session 76: - 3 mai 1911, à 8h.30]

 

[1195r] [Le témoin d'office répond correctement à la première demande].

[1195v] [Réponse à la seconde demande]:

Je m'appelle Alcide-Leoida Ducellier, né à Chicheboville, diocèse de Bayeux, le 14 novembre 1849, de Louis-Adolphe Ducellier, entrepreneur de maçonnerie, et de Céleste Philippe. Je suis prêtre, ordonné en 1874. J'ai exercé le saint ministère d'abord à titre de vicaire à Saint Gervais de Falaise (1874-1877), puis à Saint Pierre de Lisieux (18771884); ensuite j'ai été curé de Mathieu; puis curé doyen de Trévières, et enfin je suis curé archiprêtre de Saint Pierre de Lisieux depuis 1899.

 

[Le témoin répond correctement de la troisième à la septième demande].

[Réponse à la huitième demande]:

Quand j'étais vicaire de Saint Pierre de Lisieux (1877-1884), j'eus l'occasion de connaître la famille de la Servante de Dieu; mais, à vrai dire, je ne connus guère que son père, monsieur Martin, et ses deux soeurs aînées, mesdemoiselles Marie et Pauline, dont j'étais le confesseur. La Servante de Dieu à mon arrivée n'avait que quatre ans et demi, et elle avait 11 ans quand je quittai Lisieux. Lors-[1196r] qu'elle eut sept ans, je l'entendis à sa première confession. Après, elle devint pensionnaire à l'Abbaye des bénédictines à Lisieux. Depuis que je suis revenu à Saint Pierre de Lisieux comme curé archiprêtre (1899), j'ai pu observer ce que l'on dit dans la ville, touchant la Servante de Dieu. J'ai lu en partie l'« Histoire d'une âme », mais je n'en ferai pas état dans ma déposition.

 

[Réponse à la neuvième demande]:

J'ai une vraie dévotion pour la Servante de Dieu, je l'invoque tous les jours; je désire et j'espère sa béatification, parce que je suis convaincu de sa sainteté et de la puissance de son intercession.

 

[Réponse à la dixième demande]:

La Servante de Dieu est née à Alençon (diocèse de Séez); elle ne vint à Lisieux qu'à l'âge de quatre ans et demi (en 1877), après la mort de sa mère. Son père, monsieur Martin, voulait ainsi se rapprocher de la famille Guérin, pour que madame Guérin, tante de ses filles, leur servit de mère.

 

[1196v][Réponse à la onzième demande]:

J'ai bien connu monsieur Martin: c'était, par excellence, un homme de foi, très loyal et aux sentiments élevés. Il me l'a bien montré en particulier à l'occasion de l'entrée de ses filles en religion. Certainement il souffrait de ces séparations, et pourtant il paraissait joyeux.

 

[Réponse à la douzième demande]:

Elle a dû être baptisée à Alençon, mais je ne sais rien de précis sur ce point.

 

[Réponse à la treizième demande]:

La première éducation de la Servante de Dieu a été surtout faite par sa seconde soeur, Pauline. Au point de vue religieux, cette éducation a été aussi parfaite qu'elle peut l'être. Cette enfant était très aimée de son père et de ses soeurs, mais je suis persuadé que cette affection ne nuisait en rien à sa formation. C'est à cette époque (1880) que j'entendis la première confession de la

 

TÉMOIN 2 D'OFFICE: Alcide Ducellier

 

[1197r] Servante de Dieu, alors âgée de sept ans. Je la voyais aussi avec toute sa famille chaque dimanche aux offices de la paroisse. J'ai gardé l'impression que la petite Thérèse était une âme très pure. très pieuse, craignant grandement d’offenser le bon Dieu dans les moindres choses.

 

[Réponse de la quatorzième à la vingt-cinquième demande]:

Ayant quitté Lisieux quand la Servante de Dieu avait 11 ans, je n'y suis revenu qu'après sa mort. Je ne sais donc rien personnellement sur tous ces points. Je ne pourrais que redire ce que j'en ai appris depuis lors par quelques conversations avec ses soeurs carmélites, ce qui n'ajouterait rien aux informations du Procès.

 

[Réponse à la vingt-sixième demande]:

Je sais que le concours des pèlerins au tombeau de la Servante de Dieu est constant et considérable. Beaucoup de prêtres, de passage à Lisieux, se font un devoir de se rendre au cimetière distant de deux kilomètres, pour prier sur cette tombe. Je le sais en particulier de plusieurs prédicateurs que j'avais invités à [1 197v] différentes époques à prêcher dans l'église de ma paroisse; et aussi monseigneur Monnier, évêque de Troyes, qui était venu occasionnellement à Lisieux, a pareillement fait ce pèlerinage. Pendant la semaine de Pâques, quatre groupes, entre autres, sont venus prier au cimetière: l° le patronage de jeunes filles de Grenelle (Paris); l'orphelinat de Rugles (diocèse d'Evreux) dirigé par les soeurs de Saint Vincent de Paul; 3° un groupe de jeunes filles de Serquigny (diocèse d'Evreux); et 4° enfin, cinq religieuses, directrices de l'asile de Trouville.

 

[Réponse à la vingt-septième demande]:

Outre les témoignages très nombreux reçus chaque jour au Carmel et dont on tient note dans le monastère, je puis attester par mes observations personnelles que la réputation de sainteté de la Servante de Dieu s'est établie, d'une manière générale, parmi les fidèles de ma paroisse et de la ville. Dans toutes les classes de la société on se recommande à elle, pour obtenir par son intercession des grâces temporelles et spirituelles.

 

[Réponse à la vingt-huitième demande]:

Je n'ai jamais entendu formu- [1198r] ler aucune critique sur la sainteté de la Servante de Dieu.

 

[Réponse à la vingt-neuvième demande]:

La pratique si universelle d'invoquer soeur Thérèse montre qu'elle a parmi les fidèles la réputation d'obtenir de Dieu des miracles ou des faveurs exceptionnelles, Sur ce point aussi des relations très nombreuses sont reçues chaque jour au Carmel. Personnellement, j'ai eu connaissance directe de plusieurs cas de faveurs extraordinaires. Je tiens de monsieur La Néele, docteur médecin à Lisieux, le récit suivant: « Appelé auprès d'un jeune homme, malade d'une péritonite, à Glos, près Lisieux, je constatai une perforation de l'intestin et je déclarai que le cas était désespéré. Devant cette extrémité, j'eus la pensée d'appliquer une relique de la Servante de Dieu, mais je me retirai bien persuadé que le malade serait mort le lendemain. Or, le lendemain, il se trouvait mieux, et dans les quinze jours il était guéri; c'est le seul cas que je connaisse, dans les annales de la médecine, d'une guérison de cette lésion.

 

[1198v] [Réponse à la trentième demande]:

J'ai dit tout ce que je savais.

 

[Au sujet des Articles, le témoin d'office dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. - Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin d'office. Lecture des Actes est donnée. Le témoin d'office n'y apporte aucune modification et signe comme suit ]:

Ego testis ex officio deposui ut supra pro veritate, ratum habeo et confirmo.

Signatum: DUCELLIER, archiprêtre de Saint Pierre.