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Témoins 34 à 45

Après Mgr Giannattasio, le Tribunal entendit encore onze témoins (dont l'un, deux fois, le docteur La Néele), qui déposèrent sur deux guérisons attribuées à soeur Thérèse de l’Enfant-Jésus.

La première est celle du séminariste Charles Anne en 1906. Elle constitua le premier miracle pour la béatification (1923). Déposèrent à son sujet les témoins 34-39, à savoir:

1. Charles Anne, prêtre alors, exerçant le ministère (f. 1337v-1342r).

2. Soeur Marie de Saint-Ignace François, de la Congrégation de l'Immaculée-Conception de Nogent-le-Rotrou, infirmière très aimée et très appréciée de tout Lisieux, où elle se trouvait depuis 1877 (f. 1342r-1345v).

3. Joséphine-Reine Hare mère de Charles Anne (f. 1346r-1348v).

4. Prosper-Alexandre Anne, père de Charles (f. 1352v-1354v).

5. Paul Loisnel, médecin. (f. 1355v1356v).

6. Francis La Néele, médecin (f. 1357v1362v).

 

Furent encore entendus les docteurs Damasus-Alexandre de Cornière et Victor Viel, comme experts requis par le Tribunal pour avis sur l'état du malade au moment du Procès (f. 1368r-1370v).

 

Les témoins 40-45 déposèrent au sujet de la seconde guérison, celle du sexagénaire Ferdinand Aubry, de la maison des Petites Soeurs des Pauvres de Lisieux, qui souffrait d'un cancer de la langue, dont il fut délivré en 1910 par l'intercession de soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus. Ont déposé là quatre Petites Soeurs des Pauvres et deux médecins, à savoir:

1. Soeur Saint-Charles-Borromée Cario, supérieure de la maison (f. 1379r-1383r).

2. Soeur Laurentine-Thérèse Pinçon (f. 1383v-1387v).

3. Soeur Saint-Martin Laffargue (f. 1387v-1391r),

4. Soeur Domitille de Saint-Laurent Belpeer (f. 1391r-1392v).

5. Victor Viel, médecin (f. 1398r-1400v).

6. Francis La Néele, médecin (f. 1401r-1403r).

 

Les témoignages sont essentiellement d'ordre technique au plan médical, aussi bien les omettons-nous. Le docteur Damasus-Alexandre de Cornière (1841-1922) et le docteur Francis La Néele (1855-1916), mari de Jeanne Guérin cousine de la Sainte, qui s'approchèrent pourtant de soeur Thérèse au cours de sa dernière maladie, ne parlent là, eux aussi, qu'au plan médical (évolution et disparition de la maladie).

Retenons ceci seulement. D'une exquise charité à l'égard des malades que, souvent, elle visitait et qu'elle savait consoler d'une parole et d'un sourire, soeur Marie de Saint-Ignace François alla voir le 1er octobre 1897 l'abbé Louis-Auguste Youf (1842-1897), alors très gravement atteint et nous donne cet écho de leur rencontre: « Sans entrer, sur la vie de soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans le récit de détails communs qui sont connus d'un grand nombre de témoins, je rapporterai une particularité qui montre quelle estime faisait de sa sainteté, au moment de sa mort, monsieur l'abbé Youf, aumônier du Carmel. Monsieur Youf était un prêtre d'une prudence remarquable et reconnue de tous. Le lendemain de la mort de soeur Thérèse, dans la matinée, je vins voir monsieur Youf, lui-même malade. On ne lui avait pas encore annoncé la mort de soeur Thérèse, survenue la veille au soir. Entendant sonner la cloche du Carmel, il me dit: 'Elle est morte... Elle ne tardera pas à venir me chercher: elle me l'a promis... Quelle perte pour le Carmel!... C'est une sainte'. Monsieur l'abbé Youf mourait lui-même huit jours après » (session 88 du 23 août 1911, f. 1345r).