Imprimer

De sœur Agnès de Jésus à Thérèse - Novembre 1882 (?)

De sœur Agnès de Jésus à Thérèse.
Novembre 1882 (?)


Ma chère petite Thérèse,
Tu m'as fait de la peine ce matin en pleurant comme un bébé ! Mais puisque je t'ai déjà sermonnée et
grondée, il faut que je fasse la petite sœur-gâteau, n'est-ce pas?
Je viens te dire un bonjour sur le papier puisque c'est si joli, si envié ! Moi, si j'étais une petite Thérèse
et que j'aurais une Pauline au Carmel, il me semble que j'aimerais mieux entendre et voir ma Pauline
que lire à grand’peine un mot de son cœur. Enfin, ma chérie, puisque tu veux les deux bonheurs, les
voici. Je deviens faible dans mon couvent, faible comme une bonne vieille grand'mère. Cela tient à ma
tendresse pour mes petites filles bien-aimées. Oh! je pense bien à elles. Je prie le bon Jésus de rendre
ma petite Thérèse une autre petite Sainte Thérèse, à cela près qu'elle n'aille pas chercher le martyre
par les chemins! Oh! non, ce que je lui demande c'est de chercher tous les jours les moyens de plaire à
l'Enfant Jésus et pour cela de lui offrir toutes les fleurs de son chemin!
Adieu mon petit Benjamin, oui, cueille bien toujours ces petites fleurs mystérieuses dont nous parlions
tant autrefois, celles-là ne se faneront pas comme les fleurs de la terre, mais seront conservées par les
Anges pour embaumer les jardins du Ciel et former un jour ta couronne.
Ta petite Sœur
Agnès de Jésus.