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de Céline à Thérèse - 27 juin 1890

 

de Céline à Thérèse.

27 juin 1890

Ma petite Thérèse chérie,

Tu vas être étonnée de recevoir une lettre en poésie de ta Céline mais vois-tu je n'ai pu écrire autrement. Pauline hier m'a dit ce que tu pensais des fleurs, ce que tu disais à Jésus de leur part, j'ai tout compris....... et tu sais comment!

Une fois rentrée dans ma petite chambre hélas! que faire si ce n'est de méditer? Hier il m'était plus facile de le faire en poésie.... Ma petite Thérèse, à moi.... oh! tu me comprends, tu sais toute mon âme, j'en ai pensé si long, j'aurais tant voulu en dire dans mes pauvres vers boiteux! Devine ta Céline!

Nous partons à Caen demain matin par le train de 7 h; il peut se faire que nous soyons rentrées

pour 4 h. 1/2 ; dans ce cas j'aurai la hardiesse de passer vous donner des nouvelles.... Oh! demande à notre Mère chérie qu'elle veuille bien, je serai privée de tant de parloirs pendant notre fâcheux séjour à la trop fameuse Musse (du 10 au 31 juillet).

Embrasse bien pour moi ma Mère tant aimée et mes chères petites sœurs.

A toi toute mon âme

Ta Céline.

J'ai fait mon marché ce matin, avez-vous reçu les asperges ?

P.S.

Dans le cas où je ne reviendrais qu'à 7 h. je ne pourrais aller vous voir; alors si vous vouliez bien me répondre à cette question que m'a posée Jeanne : en quelle étoffe faut-il qu'elle achète sa robe blanche (de mariée) ? c'est-à-dire quel genre de soie à peu près. Je crois qu'elle a l'intention de vous la donner, mais elle n'a pas encore soumis cette idée à ma Tante.

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