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De Céline à ses sœurs Agnès de Jésus, Marie du Sacré-Cœur et Thérèse. Fragments. - 9 mars 1889

 

De Céline à ses sœurs Agnès de Jésus, Marie du Sacré-Cœur et Thérèse. Fragments.

9 mars 1889   

L'autre jour, Papa a dit au médecin: « J'avais toujours été habitué à commander et je me vois réduit à obéir, c'est dur. Mais je sais pourquoi le bon Dieu m'a donné cette épreuve: je n'avais jamais eu d'humiliations dans ma vie, il m'en fallait une.» Le médecin a repris : Eh bien! celle-là peut compter!

(... )

Je sens de plus en plus que mon devoir est de rester ici ; oui, il vaut mieux souffrir et ne pas abandonner notre cher petit Père; au moins, ici, si nous ne pouvons rien pour lui, nous pouvons accourir au moindre appel, même pour vous ce doit être comme une sécurité de nous y savoir.

Mes chères petites sœurs (je parle aussi à ma petite Thérèse bien que je lui écrive en particulier) oh! que la vie est amère! Ce que je ne comprends pas, c'est que je ne puis m'habituer à savoir Papa où il est, cela me semble un rêve, un horrible cauchemar...

(... ) Enfin, nous pouvons nous dire que, certainement, le bon Dieu peut tourner tout à bien, il n'en donne jamais au-dessus des forces et dès que Papa semblait porter un poids trop lourd il le lui a allégé en lui ôtant l'amertume de sa peine.

Oui, le bon Dieu l'a voulu ainsi, c'est lui qui a arrangé cette affaire, tout seul, nous aurions eu beau faire et nous remuer, pauvres petits atomes, tout serait arrivé quand même.

(... ) Il fallait certainement cette épreuve à Papa pour couronner sa sainteté.

(... ) 9 mars 1889

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