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De sœur Agnès de Jésus à Thérèse - Septembre (?)1887

De sœur Agnès de Jésus à Thérèse.
Septembre (?)1887


J.M.J.T.


Mon chérubin,
J'ai peur d'avoir fait de la peine à ton petit cœur, et je t'aime tant que cela me fait souffrir. Sois bien

 

courageuse mon petit Benjamin chéri. Ne te tourmente de rien et pour rien, cela ne plaît pas au bon
Dieu qui aime à voir toujours joyeux les petits cœurs de ses enfants.
Quand on a mal à la tête il faut manger quand même, ou bien, pas de Carmel. Notre Mère va t'écrire
cela aussi, je n'en dis pas plus long.
Ne te fais pas de peine pour le parloir. C'est bien convenu que tous les Mardi et Vendredi, les deux
petites Carmélites des Buissonnets verront les deux vraies Carmélites de la Rue de Livarot (rue du
carmel détruite pendant le débarquement de 1944). On restera 3 grands quarts d'heure et puis Papa
viendra prendre son petit parloir, ce qui fera une heure en tout ou à peu près car on ne regardera pas à
quelques minutes de plus, en cas de grandes confidences ou grandes peines.
Voilà ce qui a été tout à fait arrêté à la récréation ce midi.
Allons mon petit Benjamin, du courage, le Carmel te récompensera de tous les sacrifices que tu fais en
ce moment et puis le Ciel viendra après le Carmel !... Que nous sommes incroyables de nous faire tant
de chagrin pour si peu de temps. C'est vrai qu'il est bien permis de souffrir sur cette pauvre terre, mais
il ne faudrait pas souffrir de souffrir, car c'est cela qui gâte la sauce. Comprends-tu ? Adieu mes petites
filles bien-aimées. Vous avez tout mon cœur pour vous.
Sr Agnès de Jésus

Remerciez encore Papa pour les poissons. Il y en avait 180, les sœurs n'en finissaient pas de les faire
frire. Quelle providence! quel Père!

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