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Du P. Pichon à Thérèse - 10 janvier 1889

 

Du P. Pichon à Thérèse.

10 janvier 1889

Les Cèdres 10 J. 89

Ma très-heureuse Enfant en J.C.

C'est donc aujourd'hui. Tout mon cœur est à Lisieux, dans le béni Sanctuaire, où Jésus vous revêt des livrées de ses Epouses. Vos fiançailles me comblent de joie. Vous y avez été préparée par la Croix et je vous trouve bien privilégiée. Méditez cette parole de Ste M.Madeleine de Pazzis : « Dieu prend plus de plaisir ici-bas dans l'âme transformée par la douleur que dans l'âme transformée par l'amour. »

Tout-à-l'heure je vais monter au St autel et offrir pour vous l'adorable victime. Mieux encore je vais vous unir à l'holocauste divin pour vous consacrer à Dieu.

Ne vous plaignez pas de votre (sic) absence. Nul n'est plus présent que moi au Carmel de mes enfants tant aimées.

Goûtez votre bonheur. J'envie vos tête-à-tête avec Jésus. Moi, je suis dans la mêlée, bataillant contre tous les démons de l'Enfer. Ces jours-ci, au cours d'une mission, je ne quitte le confessionnal qu'entre 11 h et minuit. Vive Jésus! Qu'il fait bon se vouer à Lui, se sacrifier pour son amour c. Ce bonheur, je le veux tout vôtre et tout mien.

Que le Cœur Sacré du Maître vous dise et vous répète tout ce que vous dit mon cœur. Dans l'éternité nous nous dédommagerons de ce vilain Canada.

A mon bienheureux Benjamin mes plus tendres et mes plus saintes bénédictions en ce jour d'éternelle mémoire.

A.P.

s.j.

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