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De sœur Marie du Sacré-Cœur à Thérèse - 23 septembre 1890

 

De sœur Marie du Sacré-Cœur à Thérèse.
23 septembre 1890
Jésus!
Mardi soir 11 h
Ma petite fille chérie, je pense tant à vous que je ne puis m'endormir, j'ai besoin de vous dire un
petit mot du Ciel. Vous savez mieux que moi tout ce que vous êtes à votre Epoux, mais laissez-moi
pourtant vous le redire. On ne se lasse pas d'entendre un tel chant d'amour. Vous êtes, petite enfant
bien aimée, sa privilégiée entre toutes et quand je vous entendrai chanter : « II a posé son signe sur
mon front et II m'a toute parée ... » je ne puis vous dire quelle harmonie ce sera pour moi, harmonie
rendue mille fois plus mélodieuse par l'épreuve d'aujourd'hui. Ah! qu'êtes-vous donc à Jésus? Lui
seul le saurait dire ...
C'est son secret à Lui qu'II nous révélera un jour. Demain petite enfant chérie, les anges pourront dire
en toute vérité: « Quelle est celle-ci qui s'avance du désert appuyée sur son bien aimé b ?» Ne vous
avancerez-vous pas en effet du désert de toutes joies terrestres? Et votre bien aimé n'est-il pas votre
unique appui! Mais quel appui! Lui le bien aimé de votre cœur qui répondra aux anges étonnés: « Ma
colombe est unique, choisie entre mille, elle qui par un seul de ses regards a ravi mon cœur. »
Ah! que vous êtes heureuse de pouvoir tant donner à votre Jésus. S'il est riche vous l'êtes aussi, vous
rivalisez avec le Roi du Ciel... Ah! dans son Cœur même, II a recueilli vos larmes, elles se sont mêlées
aux siennes car vous ne faites plus qu'un avec votre Epoux.

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