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De sœur Marie du Sacré-Cœur à Thérèse - 1er septembre (?) 1890

 

De sœur Marie du Sacré-Cœur à Thérèse.

1er septembre (?) 1890

Jésus !

Ma petite fille chérie, que votre petit mot m'a fait plaisir. J'avais faim de ma petite fille... S'il fait nuit pour elle il ne fait point nuit pour son Epoux et c'est au soleil de l'éternité qu'il lui prépare sa corbeille de noces. Mais il y a deux noces pour ses épouses, les noces mystérieuses de l'exil et les noces de la patrie... Et c'est pour la patrie que sont réservées toutes les joies... Sur la terre Jésus en est peu prodigue, elles feraient tort aux biens célestes, et Lui qui ne rêve que nous donner nous prive pour nous enrichir. Ah! si sa petite fiancée voyait son sourire, si elle entendait seulement le son de sa voix! elle ne vivrait plus, elle en mourrait d'amour... Voilà pourquoi il se cache, voilà pourquoi il se tait.

Mais il se cache pour UN PEU de temps, il se tait POUR UNE HEURE A PEINE! Après le songe de cette vie il parlera sans cesse à sa petite épouse, il ne lui fera plus que des caresses, son Ciel sera l'éternel sourire de son Epoux !!

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