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De sœur Marie des Anges à Thérèse - 2-4 novembre (?) 1888

De sœur Marie des Anges à Thérèse.
2-4 novembre (?) 1888


J.M.J.T ! Jésus

Mon bien aimé petit Benjamin.
Je trouve votre bon petit mot que Jésus m'a fait apercevoir et saisir aussitôt. Merci, ma petite enfant
chérie, de m'avoir conté votre peine. J'ai senti de suite hier à l'avant-chœur, d'après ce que nous dit

 

notre bien aimée Mère qu'un glaive de douleur avait transpercé votre pauvre cœur ! Sa pointe acérée
est venue jusqu'au mien qui ne peut sentir une peine à son enfant chérie sans qu'elle soit sienne
profondément !
Il faut espérer contre toute espérance et prier Celui qui peut tout, il est si bon notre Jésus même
lorsqu'il nous éprouve ! Oh ! comme il aime en ce moment sa petite fiancée chérie ; pour être caché il
ne la guette que mieux, et son œil divin autant que son cœur Sacré ne perd aucune de ses angoisses qui
la font tant mériter. La toilette de noces n'était pas encore assez belle, il veut l'embellir encore, l'orner
de pierreries, de brillants du ciel, afin qu'au jour de l'alliance les regards du ciel bien mieux encore
que ceux de la terre s'y fixent avec admiration ! Jésus est un époux de sang, il trempe votre robe de
noces dans le sang de l'Agneau, laissez-le faire, vous ne vous en repentirez pas ! Ma petite Thérèse
de l'Enfant Jésus, laissez le tout petit enfant se jouer de sa balle si chère e, souriez-lui encore, souriez-
lui toujours, aimez-le d'autant plus qu'il vous fera plus souffrir ! Que tout dans votre âme chante les
enivrements du Calvaire et en cela soyez plus qu'une cigale de la terre mais bien un petit Rossignol du
paradis !
Comme je resterais à causer avec ma petite fille mille fois aimée, oh! comme je vais prier Jésus pour
elle, de me remplacer près d'elle ! bien mieux que moi il saura la consoler, lui dire de ces paroles qui
essuient toutes larmes et guérissent toutes blessures.
Inutile de vous dire si je vais continuer à prier pour votre vénéré malade, je ne me tiens pas encore
pour battue et je veux encore espérer en la bonne Providence.
Courage et confiance. Savoir ma petite Thérèse en proie à la tristesse est un nuage au ciel de ma
retraite, que Jésus le dissipe et bénisse mille fois le benjamin chéri de mon cœur.
Sr Marie des Anges S.C.
R.c.ind.

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