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De Céline à ses sœurs Agnès, MSC, Thérèse - ? (Janvier-février) 1889 Fragment

De Céline à ses sœurs Agnès, MSC, Thérèse. Janvier-février 1889 Fragment.

 

Petites Sœurs bien-aimées, je me rappelle ces paroles de l’Imitation: « Je donnerai une gloire infinie pour une humiliation passagère. (Imitation, livre 111, chap. XXXV, 2).

... » O les humiliations ! c'est notre pain de tous les jours, mais si vous saviez tout ce que j'y vois de caché... c'est pour moi un mystère d'Amour.

O mes petites Sœurs ! ne vous faites pas de peine, je vous en prie. Est-ce en vain que Thérèse a prié, est-ce en vain que j'ai mis avec tant de confiance de l'huile de la Sainte Face sur le front de Papa ?

Non, mille fois non, il y a je suis sûre des desseins admirables que nous ne pouvons comprendre. Je sens que Notre-Seigneur est si content quand on a en lui une confiance illimitée, trouvant bien toutes ses dispositions...

Non, je ne vais pas demander que Dieu m'enlève les humiliations, les mépris, les peines de cœur, les angoisses, les amertumes... mais je vais supplier le bon Dieu de retirer tout cela à notre cher petit Père. Il peut nous accorder cette grâce et je suis sûre qu'il le fera.

Quelques choses qui arrivent, même les plus affligeantes, c'est Jésus qui les permet mais je suis convaincue que Papa n'en éprouvera pas de peine, vous verrez. Qu'est-ce que cela fait que nous en ayons, pourvu qu'il soit heureux ? O mes petites Sœurs ! je suis sûre que Notre-Seigneur nous accordera cette grâce, mais pour nous, nous boirons le calice jusqu'à la lie...

Savez-vous comment j'ai gardé depuis quelques jours une si grande paix ? C'est en disant sans cesseà mon Jésus: « Mon Dieu, je trouve tout ce que vous faites très bien, j'ai confiance en vous. » Je disais cela en le pensant, mais sans le comprendre.

Mes chères petites Sœurs, vous avez bien de la peine ; c'est vrai que vous devez souffrir plus que nous, parce que nous sommes excitées par l'ardeur du combat tandis que vous, vous êtes toujours dans l'attente de mauvaises nouvelles. Oh ! je comprends ce que vous devez souffrir... Aussi, une des tâches que je prends bien à cœur est de vous consoler.

Au revoir, à demain un petit mot encore. Si vous saviez comme je trouve qu'il ne faut pas craindre sa peine, craindre les humiliations, qu'on serait heureux si on ne les fuyait pas !

Céline.

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