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De Céline à sœur Agnès de Jésus, sœur Marie du Sacré-Cœur et Thérèse. (Fragments.) - 20 mai 1890

 

De Céline à sœur Agnès de Jésus, sœur Marie du Sacré-Cœur et Thérèse. (Fragments.)

20 mai 1890

... En me rendant au parloir, j'ai rencontré Mr Vital et Mme Benoît (sœur de Vital) qui y allaient, ils ont fait arrêter leur voiture et nous sommes montées avec eux. Ce pauvre petit Père était très touché, cela lui fait un bonheur sensible quand il voit ses anciens amis.

Il a été charmant; Mr Vital, voulant s'en aller, lui dit: « Maintenant, je vais vous laisser avec vos enfants. » Avec un air si bon, il a repris: « - Oh! restez encore, vous n'êtes pas de trop! » Enfin, ils sont partis.

Le bon Dieu nous avait ménagé une consolante journée; quand nous l'avons vu il revenait du mois de Marie où une lecture avait été faite sur le respect dû aux vieillards, à la vénération pour les cheveux blancs ; Papa était très ému.

Ses jambes sont engourdies présentement et, c'est péniblement qu'il a fait avec nous un tour de jardin. Il a d'abord quitté le bras de Léonie et s'est contenté du mien, mais sa tête était comme plus lourde que tout son corps et il n'aurait pas été longtemps sans tomber. Il s'en apercevait, car il s'est appuyé au mur disant qu'il n'était pas fatigué, mais que tout tournait autour de lui; Léonie lui a alors donné son bras.

Ce pauvre petit Père m'a parlé de vous, de notre Mère, de Mère Geneviève, il a été ravi de vos lettres : - « Je n'ai pas pu les lire tout entières, m'a-t-il dit, parce que c'était trop beau, je pleurais... » Il n'a pas demandé de s'en aller et, comme je lui disais: « Rien n'est long de ce qui finit ! » - « C'est vrai, et je crois que tout cela touche à sa fin, ce ne sera pas long maintenant... » Il voulait parler de son retour. Il m'a répondu cela d'un air résigné et si bon!.. Je crois vraiment que, plus il va, plus l'expression de son visage est paisible et sainte.

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