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De Céline aux mêmes Agnès, MSC et Thérèse - 26 mars 1889. Fragments.

De Céline aux mêmes Agnès, MSC et Thérèse 26 mars 1889. Fragments.

 

Voilà déjà trois jours que nous n'avons vu Papa, peut-être sera-ce demain. Mes petites Sœurs chéries, la vie est bien amère, sans le bon Dieu on se verrait parfois prêt à succomber à la tristesse de l'exil. Heureusement que tout passe et que la journée écoulée ne revient point... je ne la regrette pas !... Cependant, je trouve que nous avons bien à remercier le bon Dieu dans cette grande épreuve.

(... ) Hier, nous avons été demander des nouvelles de Papa, il s'était levé dans la nuit et frappait à la porte. L'infirmier est arrivé demander pourquoi ce bruit. Papa lui faisait la même question : « Mais pourquoi tout ce vacarme, je ne puis pas dormir, j'entends des voix, des pas ?... » L'infirmier lui a répondu que le plus grand silence régnait dans le dortoir, que tout le monde reposait.

Il paraît qu'après avoir lu vos lettres ce pauvre petit Père a beaucoup pleuré, il demandait en grâce à revenir, il disait que vous le demandiez. Sa langue est embarrassée, il a du mal à parler.

Mme Costard m'a dit que la semaine dernière, elle était navrée de le voir si bien, parce que cela faisait de la peine de le sentir bien portant éloigné de sa famille ; mais cette semaine elle ne dit plus la même chose.

(...)

A bientôt, mes petites sœurs, que le ciel sera beau.

Céline

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