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De Marie Martin à Thérèse - 3 mai 1885

De Marie Martin à Thérèse.
3 mai 1885


Dimanche 3 Mai


Eh bien ma Thérèse, je ne comptais pas t'écrire et me voilà pourtant. Je t'ai fait mes commissions dans
la lettre de ma tante si bien qu'il ne me reste plus rien à dire. Comment faire? Ah! je suis bien une
marraine gâteau qui ne peut rien refuser à son gros bébé. M'en voilà donc débarrassée de mon bébé!
Ce matin des personnes très aimables ont daigné s'intéresser à mon tourment qu'elles ne voyaient plus
autour de moi. Je leur ai dit d'aller à Trouville voir ce qu'il devenait sous son beau chapeau de jonc.
En attendant le retour du chapeau de jonc et de sa propriétaire, il faut que je pioche et que je
raccommode ses robes... Pauvre esclave que Marie!... Ramasse-lui des coquillages pour boucher tes
trous quand tu en feras d'autres à ta splendide robe à mille petits plissés.... Je soigne ton petit lapin
de mon mieux. Il se porte bien et t'envoie en signe d'amitié toutes ses petites gambades. Aujourd'hui
quelqu'un est venu voir mon beau mois de Marie. Devine: qui? La sœur de Félicité (Marie Hubert,
domestique des Martin), elle a aperçu le mien du jardin et pour la contenter je lui ai fait faire des
stations à tous les mois de Marie de la maison. C'est malheureux qu'il n'y en ait pas eu un dans ton
jardin.
Au revoir gros bébé chéri, il faut que j'aille tremper la soupe.
C'est autre chose que d'aller sur la plage. Il est 7 heures et Félicité n'a pas encore ramené l'amateur de
l'Abbaye. Léonie y est depuis 1 heure de l'après-midi. Abbaye mes amours!!! Si je savais faire des vers
comme Pauline, je composerais une jolie romance là-dessus.
En attendant, à la soupe et bonsoir mon Thérésion.

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