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De Mme Guérin à Céline et Thérèse - 11 novembre 1887

De Mme Guérin à Céline et Thérèse.
11 novembre 1887


Mes Chères petites nièces,
Je suis tout heureuse des bonnes nouvelles que vous donnez ce soir à Mme Marie de Gonzague. Je
n'ai pas encore vu vos lettres, mais mon mari me dit que la vue de la Suisse vous a transportées et que
notre artiste est tout à fait émerveillé. Je le crois sans peine. Voilà un petit voyage qui marquera dans
ta vie d'artiste, ma Céline. En attendant il faut que je rende compte à la maîtresse de maison de ce
qui se passe chez elle. J'ai été mercredi faire ma visite de toutes les poires et j'en ai trouvé beaucoup 
de blettes, d'autres pourries. Les poires blettes ont été données aux enfants Dauphin et Déliot qui ont
été très contents et très reconnaissants. J'ai choisi des poires mûres, d'une bonne maturité pour Melle
Carré, une trentaine environ. Puis j'ai fait de la confiture avec un panier de grosses poires qui étaient
prêtes à mûrir. J'ai fait la compote à la maison, Maria est restée chez nous pour la faire. J'en ai fait un
peu plus que ton grand pot, aussi je vais en envoyer un pot au Carmel et garder l'autre pour nous. -
J'ai fait ramasser les poires d'Angleterre qui étaient restées toutes dans l'herbe. Vous les trouverez à
votre retour. Marie m'a dit que c'était des poires à cuire, tu pourras en faire ce que tu voudras, celles-
là se garderont bien. J'ai cru mieux faire d'employer pour la compote des poires qui se seraient perdues
avant votre retour. Est-ce bien?... Maria souffrait assez de ses clous lundi, aussi elle s'est purgée. Elle
n'a pu laver cette semaine, elle avait encore le poignet trop malade, mais j'espère qu'elle s'y mettra
lundi. Elle a cousu. - Tu vois, ma chère Céline, que je te parle d'affaires sérieuses, moi qui voudrais si
bien parler de ton voyage. Tout le temps je m'occupe de ménage. Et ma petite Thérèse que dit-elle au
milieu de tout cela? On pense bien à elle à Lisieux. -Une chose importante: Pauline a écrit une lettre
pour vous à Rome, Hôtel de Milan, ne manquez pas d'aller la réclamer en arrivant g, Adieu mes chères
enfants, je vous embrasse comme je vous aime, de tout mon cœur. Votre oncle est de moitié avec moi.
Tous les deux nous vous demandons d'offrir nos meilleures amitiés à votre bon père.
C. Guérin
Pauline avait écrit aussi à Venise à l'Hôtel Beau Rivage.

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