Imprimer

De Louis Martin à ses filles - 2 août 1885

 

De Louis Martin à ses filles

Paris, 2 août 1885.

Très chères filles,

Vous êtes bien aimables de m’avoir laissé faire cette petite échappée et je vous saurai toute ma vie bon gré de cela. Du reste, si la distance nous sépare un peu, mon cœur est tout près de vous. Soyez donc sans inquiétudes et ne vous faites pas de chagrin, mes enfants.

Si cependant, vous aviez trop de peine, écris-le-moi franchement, ma Marie, et adresse ta lettre à Munich (Bavière), poste restante, et je laisserai en plan ce bon abbé Marie (compagnon de voyagevicaire de l'église St Jacques).

Je texpédie une douzaine de coquilles dor, tu en donneras deux à Céline et deux à ma petite Reine en les embrassant bien dur sur les deux joues. Et toi, ma grande, console-toi et encore une fois, je tassure que tu ne te repentiras pas de m’avoir laissé partir ; aussi je t’embrasse, ainsi que ma Léonie bien fort, bien fort.

Noublie pas de remettre les huit coquilles dor à ma « Perle fine » du Carmel.

Tout à vous dans le Seigneur.

P.-S. Bien des choses aimables à ton oncle, à ta tante et à tes cousines. Je me hâte, car il faut que je sois à la gare à neuf heures, et je nai pas grand temps.

Mille baisers à tout mon monde.

(Votre père qui vous aime.)