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26 octobre 1898

Glaizot, Anne-Marie, Mlle
Ma Révérende Mère, Dès la réception du précieux envoi du Carmel, samedi soir, j’ai voulu vous en exprimer mes bien vifs remerciements ; mais une curiosité très légitime m’ayant fait feuilleter le cher volume, je me suis sentie si captivée par les premières pages qu’il m’a été impossible de m’arrêter même pour vous dire mon bonheur et ma sincère reconnaissance… Et maintenant que j’ai achevé l’histoire de cette âme bénie , histoire que j’aurais dû lire à genoux ! les mots me manquent , ma Révérende Mère, pour exprimer le charme et la suave impression qu’elle m’a laissée. Rien jusqu’ici ne m’avait tant émue, tant remuée et rien, il me semble, ne m’avait fait autant de bien. Vraiment, quand on lit ces pages brûlantes d’amour, quand on voit le touchant abandon en la Providence uni à cette délicieuse et parfaite sainteté, comment ne pas sentir son cœur battre d’une nouvelle ardeur, si tiède et si lâche qu’il soit d’ordinaire. Vous êtes bien heureuse, ma Révérende Mère, d’avoir pu, pendant plusieurs années, respirer les parfums si doux de votre « Petite fleur », mais que vous êtes bonne aussi d’avoir consenti à communiquer à d’autres les trésors inouïs de cette belle âme ! Le bien qu’elle faisait ici-bas, elle pourra ainsi le continuer là haut, avec cette différence toutefois que l’efficacité de son pouvoir sur le Cœur de Dieu sera maintenant sans limites… Ah ! comme je la prie et vais la prier ! et comme je me ferai un plaisir de propager cette exquise histoire parmi ceux que je sentirai aptes à la comprendre ! Quand bien même elle ne devrait leur donner que la dixième partie de la joie intime qu’elle m’a fait éprouver à moi, je les estimerais avoir reçu une large part de bonheur et de grâces…