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27 octobre 1898

Carmel d’Angers

« Que Dieu soit loué dans ses Saints à jamais ! » Nous ne pensions pas, ma Révérende Mère, avoir à vous écrire tout de suite, mais sous le charme de la lecture de ‘l’Histoire d’une âme’ nous en avons parlé au dehors, et déjà on nous en fait la demande. Cette belle vie est en effet destinée à faire autant de bien dans le monde que dans nos cloîtres… Après en avoir commencé la lecture il faut faire un sacrifice pour fermer le livre, et cependant, on craint d’avancer pour le voir finir. Oh ! ma Révérende Mère, quelle joie inondera nos cœurs quand le grand livre sera ouvert là-haut pour ne plus se refermer, puisque déjà c’est un si grand bonheur de soulever un instant le voile qui le cache ici-bas… Vous eussiez commis une faute grave, ma Mère, de garder pour vous seule votre trésor. Toute la famille de « Thérèse » y avait droit, et nombre d’âmes vous en béniront. Vous l’avez enchâssé dans l’écrin qui pouvait le mieux lui convenir ; les quelques lignes de l’Introduction disent assez quelle Mère avait une telle fille pour le comprendre. Béni soit Dieu qui enrichit nos Monastères de France de si beaux types de pureté et d’amour !