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1er novembre 1898

Carmel de Draguignan

Seul un souffle céleste a pu rendre ces pages si profondément pures… et si vous disiez, ma Révérende Mère, que les anges ont passé par là, nous ne serions point étonnées. Oui, on l’aime à chaque ligne votre petite sainte ; on l’aime quand on la voit sourire au début de l’ouvrage. Et plus tard, quand on a lu la touchante histoire de son enfance et des premières années de sa jeunesse, on se met à désirer près d’elle ce même ardent amour de Dieu qui a brisé sa frêle vie d’ici-bas. « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre ». Le livre que vous avez si heureusement préparé, ma Révérende Mère, est bien la réalisation de ce désir apostolique. Nous, dans le cloître, nous l’avons à peine ouvert, et déjà nous avons senti nos cœurs battre au contact de ce cœur d’enfant si pur, si brûlant de zèle et d’amour pour son Dieu… Dans le monde, au-delà des murs de nos monastères, ne croyez-vous pas, ma Révérende Mère, qu’on ne voudra pas aussi : « Respirer à plein cœur un air délicieux » voir « comment on aime au monastère » et connaître cette « petite âme idéale » dont on a dit si justement : « C’est un ange qu’on vit passer par le Carmel ». Oh ! oui, encore merci, ma Révérende Mère, merci pour le Carmel, pour le nôtre, humble et caché… Vous ne sauriez croire combien nous sommes reconnaissantes et avec quel profond intérêt nous méditons ces pages, qui dans leur simplicité naïve touchent parfois au sublime. Nous croyons que cette vie d’un cachet tout à fait idéal et céleste, sera goûtée par bien des âmes d’élite.